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<title>Itinérances</title>
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<subtitle>Ailleurs proches ou lointains, récits de voyages, découvertes, carnets de route</subtitle>
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<title>Éternelle, fascinante Égypte</title>
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<updated>2006-01-16T14:02:38+01:00</updated>
<published>2006-01-16T14:02:38+01:00</published>
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<summary>       Il y a mille et une raisons de s’intéresser à l’Égypte. Et donc de...</summary>
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&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_pyramides_charrette.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Il y a mille et une raisons de s’intéresser à l’Égypte. Et donc de partir à la découverte de cette destination touristique qui n’en finit pas de jouer les premiers rôles contre les vents et marées de l’appréhension épisodiquement suscitée par les trublions de la sécurité à l’échelle de la planète.&lt;br /&gt;Quelle que soit la motivation justifiant notre intérêt pour ce pays à nul autre pareil, l’Égypte se suffit à elle-même. Par-delà le temps et nos frêles histoires passagères, elle s’impose à nous comme la &quot;Mère du Monde&quot;. &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_danseuses.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;Pour quelle raison l'Égypte exerce-t-elle un tel pouvoir de séduction sur tous ceux qui l'approchent?&lt;br /&gt;Bien sûr, nul ne peut rester insensible aux charmes de ce pays dont on ne saurait trop vanter l'incommensurable richesse architecturale et culturelle. Tout circuit touristique empruntant la vallée du Nil englobe immanquablement – excusez du peu! - les Pyramides et le Sphinx du plateau de Guizeh, la pyramide à degrés de Saqqarah, Louxor et Karnak, la Vallée des Rois et la Vallée des Reines, Assouan, le site d'Abou Simbel&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_abou_simbel_1_.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; /&gt; dont les temples, construits par Ramsès II, ont été découpés en blocs et remontés à soixante-quatre mètres au-dessus de leur emplacement initial pour ne pas disparaître dans les eaux du lac Nasser.&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_abou_simbel_4_.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;«Entendre la voix des ancêtres»&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Cette rencontre représente, pour qui a eu le bonheur de la vivre, un moment inoubliable. Comment être blasé de contempler la pureté des lignes de Khéops, Khephren et Mykérinos ? Ou encore le subtil raffinement des traits et couleurs auxquels les artistes des dynasties pharaoniques eurent recours pour graver sur la pierre les événements majeurs de leur histoire ?&lt;br /&gt;La réalité dépasse, ici plus qu’ailleurs, l’imaginaire. Les plus ou moins vagues souvenirs d’un acquis scolaire, le déjà-vu-quelque-part et la connaissance livresque se taisent pour faire place à l’émotion discrète qui, soudainement, vous étreint. &lt;em&gt;«Il me faut un silence absolu,&lt;/em&gt; affirmait Champollion, &lt;em&gt;afin d'entendre la voix des ancêtres!»&lt;/em&gt;Parée de tous ses atours qui contribuent à sa renommée et à son rôle unique dans le concert des civilisations, l’Égypte, aujourd’hui comme hier, s’identifie au mystère, à l’image des trésors archéologiques qu’elle recèle dans le sol aride de son désert. &lt;br /&gt;Nous pensions la connaître déjà, et voici qu’elle se dérobe à nos souvenirs, à nos clichés, aux schémas dans lesquels nous tentions de nous réfugier. Son passé fait partie de notre histoire, voire de nos fibres les plus personnelles, mais nous le redécouvrons plus dense que jamais, plus étrange également, tel un perpétuel défi lancé au temps. &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_philae_12_.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;Les plus éminents spécialistes en égyptologie ont écrit des montagnes d’ouvrages, tous plus savants les uns que les autres. Cela n’empêche pas de nouvelles vagues d’archéologues sans frontières de continuer à inventorier, avec une infinie patience et une non moins grande compétence, les entrailles d’une terre qui n’a pas encore révélé tous ses secrets. Avis aux amateurs ! D’autres Champollion ont encore de beaux jours devant eux. &lt;br /&gt;L' Égypte familière qui s'offre à nous, à nos regards, dépasse l'image que nous nous en faisions. Elle n'est en rien assimilable aux contours réducteurs d'une carte postale ou même de notre enthousiasme passager. L'essentiel est de se laisser emporter dans un pèlerinage au-delà du temps. L' Égypte n'a besoin d'interprète qu'elle-même. Elle ne se laisse assimiler à aucun souvenir, à aucun discours. Elle se donne à qui sait l'écouter, à qui sait vibrer au rythme de son âme.&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_pyramide.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;On peut se préparer à affronter le &quot;choc des pyramides&quot;. Mais quand on se retrouve au pied de ce que les bâtisseurs ont inventé de plus parfait, les mots tout à coup sont infirmes pour traduire ce que l’on ressent. La beauté ne se raconte pas, ne s’argumente pas. À la limite, elle ne se décrit pas. Elle se cueille dans la spontanéité du regard. &lt;em&gt;«Tout le monde tient le beau pour le beau,&lt;/em&gt; affirmait Lao-tseu, &lt;em&gt;c’est en cela que réside sa laideur.»&lt;/em&gt;Aux portes de l'Orient &lt;br /&gt;Aussi riche et glorieux que soit son passé pharaonique, ou encore celui des cultures successives qu'elle a accueillies en inscrivant leurs traces dans la pierre et les monuments, l' Égypte souhaite également réserver à ses hôtes un autre visage: celui de la contemporanéité? Que nous ayons tendance à confondre  Aménophis IV et Ramsès II, ou encore que nous mêlions les attributs d'Osiris et ceux d'Horus, personne ne nous en tiendra réellement rigueur. Par contre, une autre certitude s'impose: l' Égypte offre d'autres attraits &quot;touristiques&quot; dans le sourire inaltérable de ses habitants, la chaleureuse atmosphère de ses rues et de ses multiples commerces, la qualité et le professionnalisme de ses structures hôtelières, bref! son authentique sens de l'hospitalité.&lt;br /&gt;Bien entendu, débarquant au Caire ou dans n'importe quelle ville de Moyenne ou Haute-Égypte, on entre de plain-pied dans la civilisation du &lt;em&gt;bakchich &lt;/em&gt;(pourboire), du marchandage, de la débrouillardise, de l'inflation du verbe. Mais toutes ces moeurs, parfois hautes en couleurs, font partie du savoir-vivre local. Un service demandé ne reste jamais sans réponse, quand bien même déboucherait-il sur un Bokra in châ Allâh! («Demain, si Dieu le veut!»), voire sur un Bokra fî l-mechmech! ( «Demain dans l'abricotier», autrement dit: «Quand les poules auront des dents!»).&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_bijoutier-_1_.2.gif&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;Cette Égypte au quotidien ne se réduit pas, elle non plus, à des formules toutes faites, ni aux «conseils pratiques» des guides touristiques qui répondent par anticipation à toutes les questions... sauf peut-être à celles que vous vous posez effectivement. Et c'est bien ainsi.&lt;br /&gt;Pour qui aborde l'Égypte pour la première fois, la surprise peut être immédiate. Il se rend compte d'emblée qu'il vient de pénétrer dans un autre univers, une autre sphère culturelle où les repères habituels n'ont plus aucune consistance. Langue, rythme de vie, climat, tout concourt à vous rappeler que vous n'êtes plus en Occident, mais que déjà vous avez franchi le seuil du Machreq, de cette contrée du monde où le soleil se lève.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Les embarras du Caire &lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_ecritute.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;Tout circuit touristique de découverte de l'Égypte s'attarde évidemment sur la plupart des sites archéologiques majeurs, sans oublier au passage quelques jours de béatitude complète à bord de l'un de ces luxueux bateaux qui descendent ou remontent le Nil. Un détour du côté du barrage d'Assouan permet, en complément, une courte incursion dans l'Égypte contemporaine, les commentaires des guides locaux portant inévitablement sur la situation économique du pays (besoins en énergie, irrigation des terres, effets secondaires de la régulation des eaux du Nil, etc.).  &lt;br /&gt;L'itinéraire touristique au coeur de l'Égypte inclut également et fort heureusement un séjour plus ou moins prolongé dans la capitale du pays. Au programme: non seulement la visite du célèbre musée des Antiquités égyptiennes&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_musee.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; /&gt; et de quelques mosquées (Ibn Touloun, Méhémet-Ali...), mais aussi et surtout une première plongée dans les rues et ruelles du Caire. Une telle expédition, aussi chaotique soit-elle, n'a rien d'un exploit à la portée des seuls initiés. Bien entendu, il faut respecter la règle du jeu, surtout dans les quartiers particulièrement touristiques comme Khan Khalîlî (souks). Toute personne ressemblant de près ou de loin à un touriste de passage est en effet un acheteur potentiel. D'où les sollicitations multiples et les incessants «Welcome!» auxquels il serait malséant de ne pas répondre. Au bout du compte, on se retrouve délesté de quelques livres égyptiennes et le bagage rempli d'objets et babioles en tous genres que l'on sera, malgré tout, heureux de déballer de retour au pays.   &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_marchands.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;Que ce soit par ces voies obligées ou d'autres ruelles moins connues des touristes, il est bon de se laisser imprégner, autant que faire se peut, par la vie qui s'y exprime de mille et une manières auxquelles nous sommes vraisemblablement peu accoutumés.&lt;br /&gt;Immédiatement, dès que l'on sort des zones résidentielles plus huppées, on se rend compte que la circulation au Caire tient plus du slalom permanent que de la paisible flânerie. Les rues y sont le reflet même de la vie à l'égyptienne: on y déambule, on y mange, on y marchande, on y joue, on y prie... on essaie aussi d'y frayer son chemin. Mais quel fatras inextricable de piétons, de véhicules de tous gabarits, de vélos, de taxis, de charrettes tirées par des ânes poussifs mais toujours aussi généreux&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_ane.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; /&gt;, de gamins courant après leur ballon, d'autobus aux portes desquels sont souvent accrochés des grappes humaines!&lt;br /&gt;Le nouveau métro a certes amélioré la situation. Mais la mégapole cairote souffre réellement d'asphyxie, ses infrastructures ayant été prévues pour... disons trois fois moins de population.&lt;br /&gt;Grâce aux progrès de la scolarisation et de la course aux diplômes, la quasi-totalité des jeunes ne veulent pas retourner au &lt;em&gt;balad &lt;/em&gt;(campagne). Ils préfèrent s'incruster dans la ville, augmentant considérablement les effectifs (et l'immobilisme!) de la bureaucratie, pour eux la seule issue possible, à moins qu'ils n'émigrent pour de bon vers l'Europe ou les pays du Golfe.&lt;br /&gt;De très nombreux &quot;cerveaux&quot; ont ainsi quitté la mère patrie, temporairement ou de manière  définitive. Mais comment en serait-il autrement dans un pays où le décollage économique apparaît encore actuellement comme une chimère, compromis qu'il est par une surpopulation qu'aucune mesure ne semble pourvoir endiguer, ainsi que par des troubles politiques récurrents, malheureusement dissuasifs pour les touristes de tous pays?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_edfou-08.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Dignité et humour&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Que l'on ne s'y méprenne pas toutefois! Si les embarras du Caire engendrent fréquemment des situations inconfortables, voire des scènes à la limite du supportable (que seuls les malades du déclic photographique ont l'impudence de filmer), ils ne sont en rien synonymes d'une impitoyable lutte pour la vie. Dans la pauvreté, l'Égyptien reste digne, non défaitiste, solidaire. Il garde de surcroît, au tréfonds de lui-même, ce légendaire sens de l'humour qui récupère tous les événements personnels, familiaux, nationaux. La &lt;em&gt;nokta&lt;/em&gt; (bonne histoire) fait intimement partie de l'âme égyptienne, comme un pied de nez aux aléas et ingratitudes de l'existence. &lt;br /&gt;Oui, décidément, l'Égypte n'a pas fini de nous surprendre. Cette philosophie naturelle et spontanée, qui remet les vraies valeurs à leur juste place, est ingénieuse au point de trouver aux antagonismes les plus divers un terrain de conciliation. Nous ne battons pas seulement ici le rappel de toutes les civilisations qui, au fil des siècles, ont façonné l'Égypte: ère pharaonique, époque perse, influence romaine, judaïsme, christianisme, retour des Perses, arrivée de l'Islam, Mamelouks, Turcs, etc., pour aboutir à l'époque contemporaine. L'Égypte a l'extraordinaire faculté de tout assimiler, en restant elle-même, à l'image du Caire où se juxtaposent tradition et modernisme, luxe et extrême pauvreté, passé et présent, vie et mort.&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_deir_el_b.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;En réalité, c'est surtout l'aptitude qu'a l'Égypte de rassembler les extrêmes qui peut confondre l'observateur étranger.&lt;br /&gt;Dans sa géographie même – résultat de quel hasard? -, le pays est un étrange amalgame de désert et de verdure, de sécheresse et de végétation luxuriante. Creusant sa voie dans un sol désertique qui ne peut engendrer que la mort et la désolation, le Nil crée la vie jusque dans le moindre de ses méandres. Au terme de son périple, avant de rejoindre, comme à regret, les eaux méditerranéennes, il prend le temps de ralentir son cours pour s'agripper à cette terre qu'il a fécondée, formant le Delta de la Basse-Égypte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Un peuple, plusieurs cultures&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_islau.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;Sur le plan de la pensée, le paradoxe n'est bien entendu pas assimilable à cette symbolique de la vie et de la mort. Il n'empêche que les opinions les plus contrastées trouvent en Égypte, notamment au Caire, un terrain favorable à leur expression. Al-Azhar, par exemple, la plus célèbre université islamique , est un creuset des sciences de l'Islam. Elle accueille des cheikhs enturbannés provenant de toutes les contrées du monde. Dans le même temps, de nombreux intellectuels se forment à l'occidentale et s'éloignent du fondamentalisme islamique tout en se réclamant de la même religion musulmane.&lt;br /&gt;Traversons la rue... et nous y trouvons un exemple encore plus éloquent sans doute: les Chrétiens, en tout premier orthodoxes, sont en Égypte très minoritaires, mais ils existent. Ils existent d'autant plus qu'une filiation directe relie leur nom à celui de leur pays: «Copte» (en arabe: &lt;em&gt;qibtî&lt;/em&gt;) vient du grec &lt;em&gt;Aiguptos&lt;/em&gt;, c'est-à-dire «Égyptien».&lt;br /&gt;Les statistiques, leur interprétation surtout, varient très sensiblement que l'on se situe du point de vue officiel (l'Égypte est, selon les termes de sa Constitution, un État musulman) ou de celui des intéressés eux-mêmes. Mais quel que soit le chiffre retenu, les Coptes ont, en Égypte, pignon sur rue.&lt;br /&gt;Passons sur les divergences doctrinales ou éthiques, tant musulmanes que chrétiennes, qui n'ont pas manqué de voir le jour. L'Égypte n'échappe pas à la logique orientale qui, sous bien des rapports, est un terrain propice aux querelles plus ou moins byzantines, à l'émergence des sectes ou même des schismes, à la confrontation en somme de toutes sortes d'hégémonies autochtones ou importées de l'extérieur.&lt;br /&gt;Qu'il nous suffise ici de constater que les différentes cultures qui composent l'Égypte contemporaine se rassemblent dans un seul peuple. Le moment venu, ce peuple sait taire ses antagonismes pour se regrouper sous une même identité et une unique bannière. Il sait vibrer aux mêmes émotions, dans la joie comme dans la douleur, dans le rêve comme dans la vie, dans la routine comme dans l'événement national.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_louxor_barque.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;L'éternité traduite au présent&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;La Cité des Morts, au Caire, n'a pas droit aux circuits touristiques officiels. Heureusement, puisqu'il y aurait pour le moins quelque indécence à visiter un lieu faisant l'objet de tant de vénération, notamment le vendredi, jour saint de l'Islam.&lt;br /&gt;Cette véritable ville dans la ville, dominée par la colline du Muqattam et la Citadelle, n'en est pas moins très révélatrice de l'Égypte profonde. Ce qui, ailleurs, ne serait qu'un simple cimetière devient ici un point de convergence (et même d'habitation), un lieu où se nouent et se dénouent certains événements importants de la vie quotidienne. Le célèbre romancier Naguib Mahfouz, Prix Nobel de littérature, s'en est admirablement fait l'écho.&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_eternite.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;L'Égyptien associe les morts à sa vie. Il vit avec la mort. Il la dramatise au besoin, la célèbre parfois. Mais toujours, cette rupture apparente ouvre sur le sanctuaire de l'au-delà.&lt;br /&gt;Les Pharaons de jadis faisaient coïncider leur mort avec leur triomphe ultime, en édifiant des tombeaux destinés à défier les limites du temps. Sans faire appel à des raccourcis faciles, il nous semble que les fils du Nil vivent encore aujourd'hui, parfois de manière très explicite, de la même inspiration.&lt;br /&gt;L'Égypte a traversé les siècles. Celle qui fut la «Mère du Monde» a dû affronter tant et tant de bouleversements au rythme des soubresauts de l'histoire. Toujours, elle a su rester elle-même. &lt;em&gt;Al-sabr gamîl&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;al-sabr mouftah al-farag &lt;/em&gt;disent les proverbes égyptiens: «la patience est belle», «la patience est la clé du succès». Le temps qui passe, ce minuscule instant que l'on supporte ou que l'on sait attendre, a toujours pour l'Égyptien une saveur d'éternité. En définitive, rien n'a changé. Ou si peu...&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_laboureyr.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;Quoi de plus simple en vérité que les pyramides du plateau de Guizeh ? Mais quoi aussi de plus imposant que cette perfection géométrique sur fond de désert ?&lt;br /&gt;Il se passe immanquablement &quot;quelque chose&quot; sur ce site unique au monde, un je ne sais quoi qui vous prend aux tripes et vous inonde du bonheur d’être là. Tout simplement là. Cette sensation connaîtra d’autres modulations au cours d’un périple le long du Nil, notamment à Karnak, Louxor et Abou Simbel. Mais au pied des majestueuses pyramides qui se moquent superbement des mercantiles à-côtés du tourisme, tout est différent. &lt;br /&gt;L’Égypte, cette patrie du grandiose et de la démesure qui a conclu un pacte avec l’éternité, vivrait-elle non seulement dans les replis de notre grande histoire, mais aussi et d’abord en chacun de nous, au cœur de notre patrimoine intérieur ? Lors d’un voyage de découverte menant du Caire aux frontières de la Nubie, nul ne peut échapper à cet inventaire intime. &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_s_hinx.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;Contemplant l’énigmatique face du Sphinx qui, tourné vers le soleil levant, préside inlassablement aux destinées des fils du Nil, nous nous surprenons à redonner vie à des souvenirs ancrés dans un passé plus ou moins lointain. Puis, consciemment ou non, notre découverte de l’Égypte prend des airs de retrouvailles avec une civilisation connue et familière.&lt;br /&gt;Mystère et simplicité, tels sont sans doute les deux mots-clés de ce pays qui nous accueille, amical et généreux, mais sans se livrer totalement lui-même. &lt;br /&gt;Touristes d'une semaine ou plus, nous restons toujours les invités de l'Égypte. Elle ne se laisse réellement approcher qu'avec le coeur. Qu'elle s'offre à nous dans le faste de ses décors pharaoniques, dans l'atmosphère apaisante, presque irréelle, d'une croisière sur le Nil ou au travers de tant et tant de regards croisés dans les rues animées du Caire, elle ne peut laisser indifférent. On l'aborde en curieux peut-être, on ne la quitte pas indemne.&lt;br /&gt;Au terme du voyage, il reste sans doute quelques souvenirs gravés dans la mémoire ou une belle collection de photos. Mais l'essentiel est ailleurs, dans cette part de nous-mêmes à laquelle nous donnons maintenant un nom, un visage peut-être...&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Qalbî alâ Misr&lt;/em&gt;: nous partons de l'Égypte en l'emportant dans notre coeur. Nous y reviendrons, car elle nous manque déjà...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_coucher.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_coucher.2.jpg&quot; alt=&quot;medium_coucher.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
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<title>Du coeur à l'ouvrage</title>
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<updated>2006-01-05T14:41:50+01:00</updated>
<published>2006-01-05T14:41:50+01:00</published>
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<summary>      Tel le «voyage» inscrit dans la tradition séculaire des Compagnons,...</summary>
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&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_copie_de_file0113.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tel le «voyage» inscrit dans la tradition séculaire des Compagnons, la rencontre d’autres cultures fait de plus en plus partie de la formation aux métiers du Bâtiment. On apprend aujourd’hui aux futurs bâtisseurs à voir plus loin que le bout de leur truelle ou de leur fil à plomb. Avec, en prime, une ouverture sur des programmes humanitaires où l’investissement professionnel et personnel dépasse la seule logique économique.&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_medium_carte.3.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;Illustration avec des apprentis du CFA du Bâtiment d’Orléans, engagés dans la construction d’une école à Cajamarca (Pérou), au cœur de la cordillère des Andes.&lt;br /&gt;Ce reportage date déjà d’un peu plus de deux ans. Il n’en garde pas moins, me semble-t-il, sa valeur exemplaire.&lt;br /&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_medium_chantier.4.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Le Centre de formation des apprentis des métiers du Bâtiment d’Orléans (CFA Jean Fontaine) organise des chantiers humanitaires depuis 1996. Après plusieurs chantiers au Mali jusqu’en 2001, un autre projet fut élaboré, puis réalisé à Cajamarca, au nord du Pérou.&lt;br /&gt;Cajamarca est une ville paisible d’environ 90 000 habitants, dans la cordillère des Andes, à 860 km au nord-est de Lima. &lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_file0112.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; /&gt;L’altitude – 2750 m – peut poser quelque légère difficulté d’adaptation physique lorsque, quarante-huit heures auparavant, on faisait encore les cent pas dans la salle d’attente de l’aéroport de Roissy CDG. Mais l’acclimatation ne tarde pas, surtout si l’on a effectué la deuxième partie du voyage en autobus, avec un départ de Lima à 19 h et une arrivée le lendemain à 8 h, soit quelque chose comme treize heures de route. Le temps de voir venir en somme…&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_file0113.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;L'histoire a marqué cette «ville la plus espagnole du Pérou». En 1532, Atahualpa, le dernier cacique du fabuleux empire inca, y tombait aux mains de l'envahisseur espagnol. Bien qu'ayant touché la somptueuse rançon en or et argent exigée de son prisonnier, le chef des conquistadores, Francisco Pizarro, le fit lâchement exécuter par strangulation sur l'actuelle Plaza de Armas, au coeur de la ville, le 26 juillet (ou 3 août?) 1533.&lt;br /&gt;Nous sommes très loin des sites touristiques majeurs du Pérou, tels que Cuzco, le «Chemin de l'Inca», le célèbre Machu Pichu et même, quoi qu'on en dise, Lima. Loin également de l'univers plus ou moins imaginaire dépeint par Hergé dans&lt;em&gt; Les Sept Boules de cristal &lt;/em&gt;et&lt;em&gt; Le Temple du Soleil&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;Cajamarca n'en est pas moins réputée pour ses rues étroites et tranquilles, le style colonial de son architecture, la pureté de son air, ses fromages et ses sources thermales fréquentées par les &lt;em&gt;costeños&lt;/em&gt;, habitants des villes surpeuplées de la côte du Pacifique. Quelques édifices méritent une visite: la cathédrale, le musée d'ethnographie, le complexe église-musée de Belén et, bien sûr, le Cuarto del Rescate où Atahualpa fut emprisonné.&lt;br /&gt;Tout n’est pas rose pour autant dans cette ancienne cité inca, en dépit des perspectives de développement qu’aurait pu faire naître une certaine «ruée vers l’or». Là-bas, comme dans le reste du pays, le taux de chômage est élevé. Les petits métiers, faute de mieux, sont souvent un cache-misère, témoins de cette économie informelle que l’écrivain péruvien Mario Vargas Llosa définit comme «une réponse des pauvres à la discrimination dont ils [sont] victimes de la part d’une légalité chère et sélective».&lt;br /&gt;Bien que la scolarisation y soit obligatoire jusqu’à l’âge de dix ans, le Pérou compte encore aujourd’hui 27 % d’analphabètes. Une fois satisfaite l’obligation de scolarité du premier degré, beaucoup d’enfants ne retrouvent pas le chemin de l’école, de par la volonté même de leurs parents qui les considèrent comme une force de travail utile pour la famille. Quant aux filles, nombreuses sont celles qui se retrouvent mères dès l’âge de quinze ans.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;«Aylambo»&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_medium_ancienne_ecole.2.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;C’est dans ce contexte qu’a été élaboré, puis mis en route le projet franco-péruvien «Aylambo», du nom du parc à l’intérieur duquel il a été implanté, sur les hauteurs de Cajamarca.Objectif : la construction d’une école primaire publique en remplacement de locaux ne datant, certes, que de 1987, mais devenus totalement vétustes et inadaptés aux besoins élémentaires des enfants.&lt;br /&gt;Après la construction, courant 2002, de trois classes accueillant aujourd’hui quatre-vingt-dix élèves, la seconde phase du projet englobait les dépendances de l’école : bureau, cuisine, sanitaires, préau.&lt;br /&gt;Deux groupes d’apprentis français du Bâtiment s’y sont succédé, en avril-mai 2003. Les maçons (huit apprentis) furent évidemment les premiers à intervenir. Leur chantier a duré trois semaines. Puis la seconde équipe a pris la relève. Elle était composée d’un couvreur (1ère année de CAP), de deux plombiers (2ème année de Brevet professionnel) et de deux maçons-carreleurs (niveau Brevet professionnel). Deux apprentis hors-BTP (BTS action commerciale et BTS contrôle industriel de régulation automatisée) complétaient l’effectif.&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_medium_chantier2.2.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;Quant à l’encadrement technique, il fut assuré par un formateur en maçonnerie et un professeur de comptabilité lors du premier stage, puis par un formateur en couverture et un professeur de français pour le second stage.&lt;br /&gt;Aujourd’hui, grâce à cet élan humanitaire, de jeunes Péruviens peuvent apprendre les premiers rudiments du savoir dans des conditions d’accueil n’ayant aucune commune mesure avec les locaux délabrés qu’ils fréquentaient auparavant. Froidement réaliste, Juan Medina Vargas, directeur de l’école, ajoute toutefois : «Nous ne savons comment remercier nos amis français pour le travail accompli. Il nous faudrait pourtant plusieurs classes supplémentaires pour accueillir tous les enfants de la région en âge d’être scolarisés.»&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;De solides motivations&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Directement impliqués dans l’aboutissement d’un projet qui a eu le mérite premier d’exister, tout en étant une expérience unique en son genre, nos jeunes représentants du Bâtiment ont fait bonne figure hors de nos frontières. Les avoir vus à l’ouvrage, ne serait-ce qu’une journée ou deux, suffisait à convaincre qu’ils mettaient, au sens premier de l’expression, du cœur à l’ouvrage. Avec une fraîche et merveilleuse spontanéité et – le mot n’est pas ici galvaudé – une bonne dose de générosité...&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_medium_aylambo-4.3.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Le deuxième stage, en mai 2003, a notamment connu quelques mauvaises surprises, du genre container de matériaux et matériel bloqué dans les dédales de l’administration douanière, ou absence momentanée d’un groupe électrogène pour la production d’eau chaude et les besoins du chantier. Résultat des courses : le chantier n’a pas pu commencer le jour prévu. Pour une période de deux semaines, cela faisait un peu désordre. Bien involontairement, on l’aura compris ! Ce à quoi nos jeunes apprentis ont rétorqué, à nouveau le plus spontanément du monde : &lt;em&gt;«Coûte que coûte, ce chantier, nous le mènerons à son terme, dussions-nous pour cela travailler de nuit ou le dimanche. Nous avons pris des engagements ; nous les tiendrons !»&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Autant dire que ces jeunes n’étaient pas les premiers venus. Outre le fait d’avoir obtenu l’aval de leurs différentes entreprises, d’être majeurs et volontaires, ils avaient dû, pour être recrutés, apporter la preuve de leurs solides motivations et d’une réelle autonomie dans l’organisation de leur travail. La priorité ayant été donnée à l’équilibre personnel et à l’aptitude à la vie de groupe, ce ne sont pas nécessairement les «premiers de la classe» qui ont été retenus. En outre, même répondant aux critères de choix, certains n’ont pas cru bon donner suite, vu l’imminence des examens de fin d’année scolaire.&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_medium_enfants.6.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;Une telle démarche, d’un point de vue individuel ou collectif, n’est pas le fruit d’une improvisation ou d’un empressement passager. Elle est au contraire la preuve que les jeunes du Bâtiment, avec l’appui de leurs formateurs et de leurs entreprises, peuvent être les premiers intéressés par l’amélioration de l’image de marque d’une profession parfois trop méconnue, souvent mésestimée. &lt;em&gt;«Quand on donne de sa personne, de son temps et de son énergie pour faire aboutir un projet humanitaire, &lt;/em&gt;tient à rappeler l’un des formateurs du groupe, &lt;em&gt;on a droit à un autre qualificatif que celui de guignol !»&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_medium_enfants2.2.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Et comment oublier le sourire de ces enfants péruviens, arrivant d’un pas rapide dans leur nouvelle école ? Une école construite pour eux, par des jeunes venus d’un ailleurs bien lointain…&lt;br /&gt;&lt;em&gt;«C’est super,&lt;/em&gt; nous confiait un stagiaire, un brin d’émotion dans la voix, &lt;em&gt;de vivre ça !»&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Il est ainsi des moments, ô combien intenses, qui ne se calculent pas, mais qui peuvent vous marquer toute une vie. Nous le savons pour l'avoir constaté quelque part dans la lointaine Amérique latine, là où des jeunes bâtisseurs ont sur aussi travailler avec leur coeur.
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<title>Par 60° de latitude Nord</title>
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<updated>2006-01-05T13:51:46+01:00</updated>
<published>2006-01-05T13:51:46+01:00</published>
<category term="En mer du Nord" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<summary>     Il est d'autres gens de la mer: ceux qui, pour le compte de compagnies...</summary>
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&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_file0110.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Il est d'autres gens de la mer: ceux qui, pour le compte de compagnies de production, de raffinage et de distribution de gaz et de pétrole, explorent les entrailles de la terre. Grâce à une autorisation exceptionnelle de Total Oil Marine et sur recommandation de la société Forasol-Foramer, il m'a été donné de pouvoir rencontrer sur leur lieu de travail, courant 1995, quelques-uns de ces techniciens et spécialistes du forage. Au large des côtes d'Écosse, la vie à bord d'une plate-forme se confond peut-être, pour les habitués de l'offshore, avec la banalité du quotidien. Par son environnement particulièrement contraignant, par la richesse et la diversité des compétences auxquelles elle fait appel, on comprendra qu'elle puisse également apparaître comme hors du commun.&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_copie_de_file0110.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;À quelque 160 km à l'est des îles Shetland et 400 km au nord-est d'Aberdeen (Écosse), Alwyn Nord est un champ de pétrole et de gaz naturel découvert en 1975 et exploité par Total Oil Marine p.l.c. pour le compte des sociétés Elf et Total. Les réserves récupérables de ce gisement ont été estimées à 200 millions de barils de pétrole (30 milliards de litres) et 27 milliards de m³ de gaz contenus dans cinq blocs géologiques distincts situés entre 3 000 et 4 000 m sous le fond de la mer.&lt;br /&gt;À Alwyn Nord, comme dans tous les champs pétroliers de la mer du Nord, le pétrole et le gaz sont enfermés dans des roches-réservoirs d'où ils sont extraits. Ces réservoirs sont à la fois poreux (d'où capacité de stockage de la roche) et perméables (laissant passer facilement les hydrocarbures). Le taux de récupération est variable, autour de 45 %.&lt;br /&gt;En cours d'exploitation, afin d'optimiser la production, lorsque la pression naturelle diminue, on a recours à des techniques d'injection d'eau. Ainsi maintenue dans le réservoir, la pression force le pétrole à sortir de la roche poreuse pour aller vers les puits de production.&lt;br /&gt;Une fois traités, le pétrole et le gaz sont acheminés par pipeline. Après séparation, refroidissement et déshydratation, le gaz d'Alwyn Nord est transporté par des gazoducs jusqu'à Frigg, puis à la plate-forme intermédiaire MCP-01, et enfin au terminal de Saint-Fergus où il est livré à British Gas.&lt;br /&gt;Quant au pétrole, il est pompé d'Alwyn Nord dans un oléoduc de 30 cm de diamètre jusqu'à la plate-forme de Ninian (distante de 16 km), puis acheminé vers le terminal de Sullom Voe, dans les îles Shetland. Le pétrole et les gaz de pétrole sont alors séparés, stockés et transportés par bateaux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;NAA et NAB&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_file0106.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;Le champ pétrolier d'Alwyn Nord a tout naturellement donné son nom à la structure sans laquelle prospection, forage et production seraient impossibles: la plate-forme. En fait, Alwyn comporte non pas une, mais deux plates-formes polyvalentes, aux fonctions bien spécifiques: NAA et NAB. Globalement, NAA est la plate-forme de forage et d'habitation, NAB étant celle de traitement et de production.&lt;br /&gt;D'une hauteur de 94 m du niveau de la mer au sommet des derricks (224 m à partir du fond de la mer), la plate-forme NAA repose sur 32 piles enfoncées à 38 m dans le sous-sol marin. Installé en mai 1985, le support a reçu ensuite deux &lt;em&gt;drilling rigs&lt;/em&gt; ou derricks&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_file0111.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; /&gt; construits par Ponticelli et mis en place le 19 avril 1986. Ils surplombent l'ensemble des têtes de puits, le maximum prévu étant de 40 emplacements. Ont pris place également le module boue et ciment, les équipements de mixage et de pompage, le poste de contrôle des systèmes de forage et les deux grues du pont principal pour le déchargement des bateaux ravitailleurs et le déplacement des équipements lourds sur la plate-forme.&lt;br /&gt;La surface restante des superstructures de NAA est occupée par l'héliport (l'hélicoptère est en effet le seul moyen de transport du personnel et du matériel d'urgence), les quartiers d'habitation sur trois niveaux (chambres, restaurant, salles de détente, cinéma) et les différents services (bureaux, salle de soins, lingerie...).&lt;br /&gt;Poids total opérationnel de NAA: 36 000 tonnes. Début des travaux de forage: fin 1986, les derricks ayant entre-temps été honorés d'un premier prix au Concours des plus beaux ouvrages de construction métallique.&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_file0107.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;NAB, la copie non conforme de NAA, a vu le jour en avril 1986, pour être mise en place le mois suivant et être opérationnelle à partir de novembre 1987. De dimensions plus modestes que son aînée (58,85 m du niveau de la mer au sommet des modules; poids opérationnel de 32 000 tonnes), elle repose sur un support classique en acier plus léger que celui de NAA. Sa superstructure se compose, sur plusieurs niveaux, de modules destinés au traitement du pétrole et du gaz produits par NAA et acheminés via une passerelle de liaison de 72 m de long.&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_copie_de_file0107.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; /&gt; D'autres installations traitent l'eau de mer servant au refroidissement des équipements ainsi qu'à la remise sous pression des roches-réservoirs contenant du gaz et du pétrole. Sur NAB se trouve également la station de génération d'électricité, cinq fois plus puissante que celle de NAA et capable d'alimenter les deux plates-formes en énergie.&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_copie_de_file0109.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;Alwyn fonctionne comme une véritable usine qui produit et traite le gaz et le pétrole, 24 heures sur 24, tous les jours de l'année, avec à son bord un équipage de 170 à 180 personnes.&lt;br /&gt;Secondant et complétant toutes les interventions humaines liées au fonctionnement de cette usine, les systèmes informatisés de commande et de contrôle d'Alwyn sont parmi les plus perfectionnés de ceux utilisés en mer du Nord. Outre leur rôle essentiel lié à la sécurité (détection d'incendie ou de fuite de gaz, arrêt d'urgence de la totalité ou d'une partie des opérations en cours sur les plates-formes), leur fonction est d'assurer la régulation, l'affichage et l'enregistrement des principales activités de traitement. Depuis son clavier, l'opérateur peut ouvrir ou fermer des vannes, faire démarrer ou arrêter des pompes, accepter ou réinitialiser des alarmes, enregistrer ou analyser le déroulement  des opérations...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Une confiance réciproque&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Le contraste est saisissant lorsque l'on passe d'une plate-forme à l'autre. Déjà, les techniques mises en oeuvre y sont très différentes, presque sans aucune commune mesure. Mais c'est surtout l'atmosphère qui change du tout au tout. Sur la plate-forme de production, hormis la salle de contrôle, on ne rencontre pratiquement personne dans tout ce dédale impressionnant de réservoirs et de canalisations, ponctué régulièrement par des vannes et des instruments de contrôle. Sur l'autre par contre, à toute heure du jour et de la nuit, une équipe de travail s'affaire autour du puits de forage.&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_file0109.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;D'un côté, un bruit assourdissant et constant, dans un environnement que l'on croirait presque aseptisé tant l'enjeu de la sécurité est primordial; de l'autre, dans des conditions de sécurité qui ne tolèrent aucune improvisation, l'équipe de forage évolue, en prise directe avec les différentes couches rocheuses qu'il faut aller creuser à 2 000, 3 000 ou  4 000 m avant d'atteindre les zones pétrolifères.&lt;br /&gt;D'un côté, l'informatique est omniprésente et la production est contrôlée par écrans interposés; de l'autre, la mécanisation n'a pas suppléé totalement la manutention et une série de manoeuvres qu'il faut sans cesse répéter tout en les adaptant aux aléas de la progression du trépan dans les entrailles de la terre. Ajoutez à cela, pour l'équipe de forage, un environnement particulièrement salissant, dû à la nature du travail à effectuer. C'est la boue qui, ici, est omniprésente, à savoir un mélange d'argiles, d'eau et de produits chimiques qui est envoyé dans le tube de forage pour maintenir la pression requise au niveau du trépan. Cette &quot;émulsion inverse&quot; (pourcentage supérieur à 50 % d'huile par rapport à l'eau) sert également à transporter jusqu'à la surface les &lt;em&gt;cuttings&lt;/em&gt;, à savoir les déblais qui seront immédiatement analysés pour en contrôler la nature et y détecter l'éventuelle présence de pétrole.&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_file0108.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;La qualité de la boue injectée est déterminante pour l'efficacité du forage. Sa viscosité, sa densité, son débit et sa vitesse de sédimentation notamment sont des paramètres à contrôler en permanence compte tenu de la roche perforée et de la vitesse de progression de l'outil de forage. Sinon, la remontée des déblais serait ralentie ou imparfaite, risquant même de compromettre la poursuite normale des opérations de forage. Sur Alwyn, la gestion de l'hydraulique du forage est du ressort direct des techniciens de Total. Il n'empêche qu'une bonne connaissance des caractéristiques rhéologiques de la boue fait partie  des attributions des foreurs (équipes Foramer), à commencer bien sûr par les chefs de chantier et les chefs d'équipe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;La sécurité d'abord&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Dans la répartition des tâches, à quelque poste que ce soit, on ne peut qu'être impressionné par le contraste, presque la démesure, entre les dimensions gigantesques de l'outil de travail et la responsabilité de chaque intervenant. Le moindre geste, chaque manoeuvre peut avoir une incidence majeure sur le déroulement d'une opération. On comprendra dès lors l'importance première des consignes de sécurité, pour la protection du personnel tout d'abord, mais aussi pour celle des équipements et de l'environnement, cette protection ayant la «priorité sur toutes les autres activités».&lt;br /&gt;Avant d'être embarqué à bord de l'hélicoptère qui l'acheminera sur la plate-forme, chaque employé doit suivre une formation intensive, à la fois théorique et pratique, aux consignes de sécurité. Cette formation est d'ailleurs réactualisée en permanence à bord de la plate-forme: chaque semaine, l'ensemble du personnel est soumis à des exercices de lutte contre l'incendie et d'évacuation d'urgence, avec utilisation des tenues de sécurité et de survie (combinaison isotherme, masque, etc.).&lt;br /&gt;Alwyn Nord est équipée de douze canots de sauvetage&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_copie_de_file0111.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; /&gt; pouvant transporter plus du double des personnes hébergées sur la plate-forme. Conçues pour résister aux flammes et à la chaleur, ces embarcations sont aptes à faire face aux conditions potentiellement difficiles de la mer du Nord. À proximité immédiate de la plate-forme, un navire assistance est équipé de matériel de lutte contre l'incendie et de dispersants anti-pollution. À son bord, l'équipage de 12 personnes est en outre formé pour les opérations de sauvetage d'hommes à la mer.&lt;br /&gt;En complément de ces consignes globales de sécurité, chaque membre du personnel présent sur la plate-forme est soumis à des astreintes spécifiques. Sur les postes de travail, en dehors du module d'habitation, il est tenu de porter casque, gants, bottes et lunettes de sécurité. Alwyn a un infirmier à bord, secondé par des secouristes. Le bateau de secours est équipé d'appareils de réanimation et, si besoin est, on peut faire appel au médecin de la plate-forme voisine de Brent ou avoir recours à une évacuation par hélicoptère.&lt;br /&gt;Les habitués du travail offshore connaissent très bien enfin les restrictions auxquelles ils sont soumis: interdiction de posséder des allumettes, des briquets, des produits inflammables... D'où également l'interdiction évidente de fumer, sauf dans le module d'habitation aux conditions de pressurisation spécialement adaptées.&lt;br /&gt;Une anecdote personnelle pour compléter cet arsenal de restrictions. Lors de mon reportage à bord d'Alwyn, l'utilisation d'un appareil photographique me fut tout d'abord refusée. Puis elle fut autorisée, étant assortie de maintes précautions (pas de flash!), les composants électroniques et les batteries de l'appareil pouvant avoir une incidence incompatible avec les conditions rigoureuses de sécurité. Sur une installation où l'on est au contact immédiat d'une véritable bombe qui pourrait à tout moment, par négligence ou erreur humaine, exploser, on comprend que la sécurité soit l'affaire de tous et de chacun, à tout instant, sans aucune concession ou libre interprétation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Vivre en mer&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Dans le même temps, toutes les conditions de vie à bord d'Alwyn Nord sont aménagées pour être aussi agréables et confortables que possible. Le travail offshore n'est pas une sinécure. Les équipes interviennent selon des rythmes spécifiques à cette profession: 12 heures de travail quotidien et 12 heures de repos; 2 ou 3 semaines à bord et 2 ou 3 semaines à terre.&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_copie_de_file0106.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;Les quartiers d'habitation d'Alwyn peuvent héberger en permanence un équipage de 216 hommes et femmes (celles-ci intervenant en hôtellerie et restauration, ainsi que dans certains postes administratifs), avec une capacité supplémentaire temporaire de 108 personnes. Tout ce personnel est placé sous l'autorité du directeur des installations en mer, qui a les mêmes responsabilités que celles d'un commandant de bateau... à une exception près: il ne peut pas marier les couples!&lt;br /&gt;Les cabines de la plate-forme sont équipées chacune de deux couchettes superposées, d'un cabinet de toilette, d'un poste de télévision avec écouteurs individuels, voire d'un relais téléphonique. Elles sont bien entendu insonorisées et closes par des portes coupe-feu.&lt;br /&gt;Le restaurant propose des repas «de qualité», avec quatre services: matin, midi, soir, minuit. Le ravitaillement en vivres est assuré par bateaux provenant d'Aberdeen, le voyage durant environ 24 heures en fonction des conditions météo. Seul interdit au menu ou dans les consommations individuelles hors du restaurant: les boissons alcoolisées. Par contre, des distributeurs de boissons fraîches ou chaudes sont en permanence à la disposition de tous, gratuitement.&lt;br /&gt;Autres équipements disponibles: un cinéma de 70 places, des jeux vidéo, une salle de télévision, un gymnase et deux tables de billard.&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_copie_2_de_file0106.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;Autre contraste évident et révélateur de la vie quotidienne à bord de la plate-forme: alors que le travail y est contraignant (bruit, boue, intempéries, risques...), les temps de récupération et de repos bénéficient de conditions de confort remarquables. Après les heures passées autour du puits de forage, la vie redevient normale. Ou presque... L'éloignement familial et l'isolement font bien sûr la différence. Mais il ne m'a pas semblé que cette solitude soit un poids psychologique constant. La vie quotidienne adopte plutôt un autre rythme, sans la moindre précipitation, respectant même des zones de silence. Loin de l'agitation et des sollicitations de la ville, peut-être apprend-on à mieux se connaître soi-même et à découvrir cette fabuleuse richesse qu'est la solidarité.
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<title>Croisière en Méditerranée</title>
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<updated>2006-01-04T11:20:00+01:00</updated>
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&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_barcelone-03.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si les croisières ont connu leur grande et belle époque, celle des destinations lointaines, exotiques et réservées à une certaine élite, elles sont maintenant devenues plus accessibles. Grâce notamment à Costa Croisières qui, pour transformer le rêve de tout un chacun en réalité, cultive l'art de naviguer, &quot;mariage subtil de festivités, de charme et d'hospitalité&quot;, sur de nombreuses routes maritimes.&lt;br /&gt;Pour Gibraltar et Cadix à bord du Costa Romantica, embarquement immédiat!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dimanche 26 octobre 2003. Après trois heures de car pour effectuer le trajet Nice-Savona (Italie) et rejoindre l'embarcadère, l'accueil sur le Costa Romantica offre déjà la douce sensation de l'évasion dans un autre univers. &lt;em&gt;&quot;Benvenuti a bordo!&quot;&lt;/em&gt; mentionne la bouée de sauvetage tenue par les deux hôtesses au sourire généreux qui officient pour la photo de circonstance.&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_croisiere-02.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; /&gt; Bienvenue à bord! La semaine s'annonce en effet comme &quot;romantique&quot; à souhait. Non seulement pour celles et ceux qui auraient quelque événement personnel à célébrer, mais également pour tous ceux qui souhaitent voyager autrement.&lt;br /&gt;En cabine, on retrouve ses bagages déposés à Nice dans la soute du car. Le confort est au rendez-vous. Une véritable chambre d'hôtel. À cette différence près que notre hôtel nous suivra partout (à moins que ça ne soit l'inverse!), sans souci de valises à défaire-refaire-redéfaire, etc. Avec ses 643 chambres, ses 221 mètres de long et ses 31 mètres de large, le Costa Romantica est un véritable géant des mers. L'ambiance très cosy procure néanmoins la sensation d'une réelle intimité. On trouve vite ses repères, grâce à l'abondante documentation et aux indications fournies par le personnel présent sur chaque pont du navire.&lt;br /&gt;Une demi-heure après l'appareillage, pour satisfaire aux exigences de la réglementation internationale de la navigation en pleine mer, un exercice d'abandon du navire est au programme. Les passagers sont invités à enfiler leur gilet de sauvetage, puis à joindre un point de rassemblement pour y recevoir les recommandations d'usage. La croisière peut alors commencer. Et elle a déjà effectivement débuté puisqu'on se trouve au large, entre les côtes italiennes et françaises, en route pour Malaga que l'on atteindra après 786 milles (rappel: un mille nautique équivaut à 1 842 mètres). Un regard par le hublot. La nuit tombe. Calmement, avec une douce régularité, notre navire fend la mer, traçant un sillage argenté que l'obscurité estompe rapidement.&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_croisiere-111.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;Après le dîner de &quot;Bon voyage&quot;, il n'y a plus qu'à se laisser guider par les propositions d'animation mentionnées sur le bulletin &lt;em&gt;Today&lt;/em&gt;: une vidéo sur le Costa Romantica, le &quot;Chapeau fou&quot; (un jeu à prix au salon Tango), un super-bingo... Un peu plus tard, les amateurs de danse pourront se remémorer les &quot;belles années 70&quot; au salon Tango. Puis, dans la foulée, les inconditionnels de disco continueront à danser sur le pont supérieur à partir de minuit: le DJ Gianluca les y attendra.&lt;br /&gt;Bref, les premières impressions sont du genre sympa de chez sympa. On se sent ailleurs. Sur cette véritable ville flottante qu'est le Costa Romantica, la sollicitation, l'invitation est omniprésente. Nous en étions avertis: &quot;À bord, il se passe toujours quelque chose.&quot;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_croisiere-36.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lundi 27 octobre. Nous avons navigué toute la nuit et allons poursuivre notre route toute la journée. La télé du matin précise notre position (nous approchons de la côté est de l'Espagne) et notre vitesse de croisière (entre 35 et 40 km/h). Apparemment, les eaux du golfe du Lion semblent un tantinet agitées. Le roulis et le tangage sont toutefois parfaitement supportables. D'ailleurs, notre transporteur en a pris l'engagement: &quot;Nos itinéraires sont étudiés pour offrir à nos clients les mers les plus belles et les plus calmes du monde.&quot;&lt;br /&gt;Précision lexicographique de &lt;em&gt;Today&lt;/em&gt;: le roulis est &quot;l'oscillation transversale d'un navire qui s'incline alternativement d'un bord à l'autre&quot;; le tangage est &quot;le balancement longitudinal d'un navire dont l'avant s'enfonce dans les lames (les vagues) et se retire suivant un mouvement d'oscillation plus ou moins régulier&quot;. C'est vrai qu'on se sent nettement mieux après une telle leçon de choses!&lt;br /&gt;Notre informateur nous rappelle en outre qu'un noeud marin équivaut à 1,852 km/h, que bâbord est le côté gauche du bateau en regardant l'avant, et que tribord est le côté... Vous avez deviné?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_croisiere-149.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Cette première journée entière de navigation, cap sur le sud de l'Espagne, donne au passager l'occasion de trouver définitivement ses marques à bord, pour repérer où se trouvent la piscine, le théâtre, la salle de gym, le casino, la boutique photo, le salon de beauté, les boutiques duty free, le casino-bingo, la bibliothèque, la discothèque, l'internet café, les différents bars, la chapelle, l'infirmerie, le bureau des excursions...&lt;br /&gt;Pour tous les achats, la carte Costa fait office de moyen de paiement. Ce sésame est un document personnel d'identification, utilisé lors des débarquements et embarquements aux escales. Après enregistrement d'un numéro de carte bancaire, il permet en outre de régler les dépenses faites à bord (boissons,excursions, achats dans les boutiques, blanchisserie, salon d'esthétique...). L'utilisation d'argent liquide n'est en effet pas possible sur le bateau, sauf au casino. Le récapitulatif des dépenses figure sur une fiche remise en cabine, pour contrôle, en fin de périple.&lt;br /&gt;L'un des espaces les plus animés sur le bateau est sans conteste le club enfants. Costa Croisières a eu en effet l'astucieuse idée de leur réserver un lieu de détente approprié, sous la responsabilité de professionnels de l'animation. Pas de problème majeur de compréhension: les animateurs sont au minimum trilingues, sans compter le langage des signes ou du mime qui est, comme on sait, sans frontières. &lt;br /&gt;La prise en charge des enfants, voire des ados, inclut même, sur demande des parents, les repas sous forme de buffets. &quot;Enfants heureux, parents détendus&quot;: on a bien compris le message.&lt;br /&gt;La journée se termine en fanfare avec le dîner de gala de bienvenue, faisant suite à la présentation par Mauro Muratore, commandant de bord, des responsables de son équipage, et finalement avec un spectacle de variétés internationales présenté par Tiziana Foppiani, directrice de croisière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Terre! Terre!&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_malaga-05.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;Mardi 28 octobre. On a beau se sentir bien sur le Romantica, on commence à avoir des fourmis dans les jambes au bout d'une journée et demie de navigation. En outre, en ce début d'automne 2003, la météo n'est pas fameuse, y compris le long des côtes espagnoles. Crachin, grisaille, un temps plutôt frisquet: rien qui ne convienne vraiment pour profiter pleinement de l'air du large. Seuls trois ou quatre téméraires osent quelques brasses dans la piscine sur le pont 11. Quant au solarium, c'est plutôt pour le moment du genre gros gilet et bonnet de laine.&lt;br /&gt;La première escale, à Malaga, est donc la bienvenue, même si elle commence sous la pluie. Elle revêt des allures de retrouvailles avec la terre ferme. L'après-midi est consacré à la visite, avec plusieurs options: tour de ville de la capitale de la Costa del Sol, visite du village typiquement andalou de Mijas, excursion à Marbella.&lt;br /&gt;Étrange, mais sans doute bien compréhensible réflexe: dès que la possibilité en est offerte au cours de la visite des hauteurs de Malaga, on se prend à rechercher dans le paysage la silhouette du Costa Romantica sur le quai, ne serait-ce que pour faire la photo qui manquait à la collection.&lt;br /&gt;En fin d'après-midi, lors du retour à bord, la satisfaction est évidente de se retrouver un peu chez soi, dans un univers devenu familier. Comme les habitudes se prennent vite!&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_croisiere-127.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;La journée se termine, pour beaucoup tout du moins, par un nouveau spectacle de variétés avec les acrobates Clomax et Bodrov, les chanteurs Caroline Beckman et Neville Knight, et le ballet The All Star Dancers. Pour celles et ceux qui souhaitent jouer les prolongations, une &quot;Fête tropicale&quot; les attend au salon Tango. On vous l'avait dit: à bord, il se passe toujours quelque chose.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Cádiz ciudad trimilenaria&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Mercredi 29 octobre. Annoncé par &lt;em&gt;Today&lt;/em&gt;: à minuit, nous pouvions apercevoir les lumières de l'Espagne à droite du bateau et, à gauche, celles du Maroc. En clair: nous voguions sur le détroit de Gibraltar.&lt;br /&gt;À minuit, j'en connais qui dormaient. Ce qui n'empêche que les 156 milles marins entre Malaga et Cadix ont été bouclés aux environs de 8 heures.&lt;br /&gt;Cette nuit, la mer s'est rappelée à notre bon souvenir. Oh! Pas de quoi vous faire remonter l'estomac à la place du gosier. Mais quand même! Il est vrai que nous avions laissé la Méditerranée pour l'océan Atlantique, apparemment plus agité. C'est cela aussi une croisière: celle des vagues qui, parfois, jouent aux montagnes russes. Pas de panique! Tout va bien. Il y en a même que cela amuse.&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_cadix-08.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;Au programme du jour, une escale à Cadix la belle andalouse. Deux excursions sont proposées: soit un tour de cette ville fondée par les Phéniciens vers 1 100 av. J.-C. (ne pas manquer la visite de la cathédrale et une promenade dans les ruelles très typiques), soit une visite de Séville, la &quot;ville aux mille reflets&quot; ou &quot;ville de la grâce&quot;, dominée par sa célèbre tour de la Giralda.&lt;br /&gt;Heureuse surprise pour la journée: la Costa del Sol justifie son appellation puisque le soleil est enfin de la partie. Morale de l'histoire: une croisière durant l'automne n'a rien d'une entreprise hasardeuse. Mieux: elle présente en plus les avantages non négligeables du hors-saison.&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_croisiere-138.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Cap sur les Baléares&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Jeudi 30 octobre. Deuxième volet de la croisière. Le Costa Romantica a appareillé hier soir pour entamer la route du retour, sans pour autant se contenter de suivre le sillon tracé à l'aller.&lt;br /&gt;Réveil un peu plus matinal pour profiter de la courte escale du jour: Gibraltar. &lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_gibraltar-19.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; /&gt;Est-il besoin de le rappeler? Les noms des rues (Queen's way, Williams way, Main street...)ne prêtent en tout cas à aucune équivoque, même si les voitures roulent à droite: nous sommes bien en territoire britannique, sous la protection de Sa Gracieuse Majesté. C'est en 1704 qu'une flotte anglo-hollandaise a pris possession de cette langue de terre (dénommée alors &quot;langue du diable&quot; par les Espagnols) séparant l'Europe de l'Afrique.&lt;br /&gt;Comme pour ne pas remuer de fâcheux souvenirs (la pâtée prise par la flotte franco-espagnole affrontée à la marine britannique placée sous les ordres de l'amiral Nelson: 21 octobre 1805), aucune excursion n'est organisée. Libre par conséquent à chacun de flâner à sa guise dans les rues commerçantes du &quot;Jabal-Tarik&quot; (&quot;Rocher de Tarik&quot;), d'aller y admirer les maisons de style anglais ou espagnol, de visiter les grottes de Saint-Michel, de faire une halte dans un pub, d'emprunter le téléphérique pour découvrir le point de vue du sommet du Rocher (2 étoiles au Guide vert) ou de se laisser tenter par les shops aux enseignes britanniques.&lt;br /&gt;Pendant ce temps, les infos en provenance de France nous apprennent que l'hiver précoce s'est installé là-bas, alors que nous contentons de nos 63,4 degrés... Farenheit!&lt;br /&gt;Deux bonnes nouvelles en début d'après-midi, alors que le Costa Romantica a repris sa route en direction des Baléares. Tout d'abord, le franchissement du détroit de Gibraltar nous ramène en Méditerranée, &lt;em&gt;Mare nostrum &lt;/em&gt;(&quot;notre mer&quot;) comme disaient les Romains. Après quatre ou cinq jours (on ne sait plus très bien) de navigation, elle fait désormais partie de notre décor. Deuxièmement, le soleil semble décidé à accompagner notre route. D'où apparition des maillots de bain du côté des solariums. Les transats trouvent enfin leur raison d'être sur les ponts supérieurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;De toutes les couleurs&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_gibraltar-29.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;Vendredi 31 octobre. Le retour à la case départ pointerait-il à l'horizon? Tout porte à le croire. Une &quot;importante réunion d'information&quot;, avec présence recommandée, est annoncée par &lt;em&gt;Today &lt;/em&gt;en prévision du débarquement à Savona: dépôt des valises, facturation des suppléments, pourboires à prévoir... Annoncé également le dîner de gala de l'au revoir. Pas de doute: on s'achemine bien vers la fin du périple.&lt;br /&gt;Mais pour l'heure, &lt;em&gt;Costa Tour magazine&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Costa Port information&lt;/em&gt;, deux autres bulletins remis aux passagers, invitent à partir à la découverte d'Ibiza. L'&quot;île blanche&quot;, autrefois dénommée &quot;île des pins&quot; par les Grecs, est réputée pour ses habitations typiques, la beauté de ses paysages, la douceur de son climat, sans oublier sa vie nocturne qui attire de nombreux touristes. Sauf que...&lt;br /&gt;Sauf que se produit l'imprévisible: une météo pour le moins défavorable, avec un vent de force 8. Le débarquement programmé à Ibiza est donc impossible. L'île tant réputée pour ses charmes touristiques restera pour nous dans la brume. Notre navire trace donc sa route vers Palma de Majorque. À tout prendre, si l'on en croit les étoiles du Guide vert, on n'y perdra pas au change. Sauf que...&lt;br /&gt;Sauf qu'une nouvelle annonce nous informe vers midi, toujours pour cause de météo cette fois-ci très défavorable, les autorités portuaires de Palma interdisent à leur tour tout débarquement. D'où un nouveau changement de cap, direction Barcelone. La faute à pas de chance! Mieux vaut supporter de tels aléas avec humour et sérénité. La vie à bord, avec son lot d'animations, n'en continue pas moins son cours nullement perturbé, lui, par les caprices de la météo.&lt;br /&gt;Loin de ces tracas d'itinéraire, le dîner de gala restera dans les mémoires. Il est suivi de l'élection du &quot;couple idéal&quot; (traduit étrangement par &quot;couple infernal&quot; dans &lt;em&gt;Today &lt;/em&gt;en version française), de la Halloween party et son défilé de costumes préparés en fin d'après-midi avec l'équipe d'animation, puis du &quot;buffet magnifique&quot; dressé par le chef Gerhard Ottinger et servi aux environs de minuit. Pendant ce temps, les 3-12 ans se retrouvent pour leur dîner des sorciers et magiciens, puis leur nuit de Halloween à la discothèque.&lt;br /&gt;Dépassée la réserve du début de navigation, les langues se délient. On a commencé à faire plus ample connaissance. De nombreux visages sont même devenus familiers. On parle de tout et de rien. On partage ses impressions sur les agréments de la croisière. Les sourires échangés se font plus fréquents, plus spontanés.&lt;br /&gt;Après l'île qui devait être &quot;blanche&quot;, au milieu d'une mer censée être bleue, la nuit est, quant à elle, réellement haute en couleurs.&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_coisiere-247.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; /&gt; À en oublier les fantaisies de la météo. Vue du pont ou à travers le hublot de la cabine, la Méditerranée réagit à sa manière aux caprices du temps, par une ondulation plus soutenue de ses vagues qu'elle saupoudre d'écume, entraînant le navire dans un roulis nettement amplifié. On ne se lasse pas, malgré tout, du spectacle de la mer...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Arrivederci !&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Samedi 1er novembre. Barcelone est la dernière, mais aussi la plus importante escale du voyage. Pas moins de cinq excursions sont au programme pour découvrir, trop sommairement, la capitale de la Catalogne: une visite panoramique, un circuit consacré aux chefs-d'oeuvre de l'architecte Gaudí (dont la célèbre Sagrada Familia), Barcelone et le musée Picasso, panorama de la ville et shopping, promenade à vélo.&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_barcelone-01.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;À 13 h, comme prévu, le bateau appareille pour la dernière ligne droite. Le show des enfants, préparé durant le périple, et un méga-bingo (5 000 euros de prix) marquent la clôture des animations. Sauf pour les fondus de discothèque où le DJ Gianluca attend ses clients à partir de minuit.&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_croisiere-206.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;À une heure du matin, les valises dûment étiquetées attendent, sagement rangées, dans les coursives. On les retrouvera quelques heures plus tard lors du débarquement.&lt;br /&gt;Avec tout le confort d'un hôtel flottant, ponctuée d'escales pour la découverte d'autres pays et d'autres cultures, la croisière fait désormais partie des moeurs touristiques. Placée sous le signe de la convivialité et de la dolce vita, elle est une incitation à donner du temps au temps, dans un &quot;ailleurs&quot; qui se laisse facilement apprivoiser. Quand bien même serait-elle parfois capricieuse, la mer est une constante invitation à l'évasion, loin de tout stress et de toute précipitation. Contrairement aux autres formes de tourisme, le voyage - la vie à bord - n'est pas une simple parenthèse, plus ou moins agréable, plus ou moins longuette, en attendant les vraies vacances: il en fait partie. Il en est même un temps fort. Assurément, pour reprendre le mot de Mauro Muratore, notre commandant du Costa Romantica, une croisière est &quot;une expérience unique&quot; à savourer paisiblement. Elle est &quot; un rêve enfin réalisable&quot;.
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<title>Louisiane : un pays nommé désir</title>
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<published>2006-01-02T18:16:35+01:00</published>
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&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;Il est des cataclysmes, cachés au besoin sous des noms enjôleurs du genre Katrina ou autres, qui peuvent détruire toute une ville, toute une contrée. Et par là, semer le doute sur un authentique attrait touristique.&lt;br /&gt;La Louisiane, à commencer par La Nouvelle-Orléans, en sait quelque chose. Malheureusement rodée à ce genre d'épreuve, elle a toujours su s'en relever, redonnant au vieux chant cajun toute son actualité: «On a trouvé not'paradis dedans le sud de la Louisiane.» &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_mamoqsbdk1d14092004134957385208.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;«[...] le Premier Consul de la République Française désirant donner un témoignage remarquable de son amitié [aux] États-Unis, il leur fait, au nom de la République Française, cession à toujours et en pleine souveraineté dudit territoire [la &quot;colonie&quot; ou province de Louisiane] avec tous ses droits appartenances, ainsi et de la même manière qu'ils ont été acquis par la République Française en vertu du traité susdit [traité de San Ildefonso du 1er octobre 1800] conclu avec Sa Majesté. [...] Les habitants des territoires cédés seront incorporés dans l'Union des États-Unis et admis aussitôt que possible d'après les principes de la constitution fédérale à la jouissance de tous les droits, avantages et immunités des citoyens des États-Unis et, en attendant, ils seront maintenus et protégés dans la jouissance de leurs libertés, propriétés et dans l'exercice des religions qu'ils professent.»&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_mamoqsbdk1d14092004141737353347.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Une juteuse transaction&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_mamoqsbdk1d1409200414173717215.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;C'est en vertu de ce traité conclu le 19 floréal de l'an IX (30 avril 1803) entre Bonaparte et le président Thomas Jefferson que la Louisiane allait devenir, en 1812, le 18e État des États-Unis. Montant de la transaction: 15 millions de dollars. Le général Horatio Gates avait donc mille fois raison d'adresser ses félicitations à Thomas Jefferson en ces termes: &lt;em&gt;«Let the land rejoice, for you have bought Louisiana for a song.»&lt;/em&gt;  (&lt;em&gt;«Que le pays se réjouisse, car vous avez acheté la Louisiane pour une bouchée de pain.»&lt;/em&gt;) &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_file0086.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Par contre et pour cause, ce que n'affiche pas clairement l'acte officiel de vente, c'est bien l'intention première du futur Empereur des Français, à savoir sa volonté de faire barrage aux ambitions expansionnistes de l'ennemi héréditaire: la Grande-Bretagne! Il est vrai qu'il y avait urgence. Après la perte de Saint-Domingue suite à la révolution de 1791-1803, Bonaparte était dans l'incapacité militaire de défendre la Louisiane contre une attaque anglaise. Mieux valait donc la solder pour l'empêcher de tomber dans l'escarcelle de la Couronne.&lt;br /&gt;Lors d'un conseil extraordinaire tenu à Saint-Cloud le 10 avril 1803, le Premier consul se contentait d'affirmer, en fin renard: &lt;em&gt;«Aux mains des Américains, la Louisiane sera plus utile à la politique et même au commerce de la France que si je tentais de la garder.»&lt;/em&gt;  Puis, sous le couvert d' &lt;em&gt;«affermir pour toujours la puissance des États-Unis»&lt;/em&gt;, il ne pourra toutefois s'empêcher d'ajouter: &lt;em&gt;«Je viens de donner à l'Angleterre une rivale maritime qui, tôt ou tard, abaissera son orgueil.»  &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_mamoqsbdk1d14092004134956508426.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;Survint alors ce qui devait arriver: le 12 mai de cette même année 1803, la France et la perfide Albion rompaient leurs relations diplomatiques. Par contre, côté américain, la satisfaction était à son comble. Dans un élan de lyrisme, Robert Livingstone, l'ambassadeur américain ayant mené les négociations de l'achat de la Louisiane, traduisait les sentiments de tout un peuple: &lt;em&gt;«Nous avons vécu de longues années, mais c'est là l'oeuvre la plus importante de nos vies. [...] Les États-Unis, aujourd'hui, se hissent au rang des principales puissances du monde.»&lt;/em&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Les à-côtés de l'histoire&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Cette &quot;opération immobilière&quot; fut la plus importante de tous les temps. Une simple signature au bas d'un acte permettait à l'Union de voir sa superficie augmenter, en un clin d'oeil et sans coup férir, de deux millions de km².&lt;br /&gt;Rappelons toutefois que l'acte «secret» du 21 mars 1801, par lequel la catholique Espagne rétrocédait la Louisiane au Premier consul, stipulait qu'en aucune circonstance ce pays ne pourrait faire l'objet d'une négociation avec une tierce puissance. D'où les commentaires de certains historiens: «Et si la Louisiane d'aujourd'hui n'était pas américaine!» On nous laisse imaginer la suite...&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_mamoqsbdk1d14102004102208921914.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;Secundo, espagnole depuis 1763, la Louisiane ne redevint officiellement française que le 30 novembre 1803 (alors que l'acte de vente portait la date du 30 avril de la même année). Quand on s'appelait Bonaparte, on avait sans doute tous les droits, y compris celui de vendre un bien qui ne lui appartenait pas. D'ailleurs, l'Assemblée et le Sénat du peuple théoriquement souverain de France n'ont jamais ratifié le traité de vente. Toujours est-il que le 20 décembre 1803 – pour une fois les délais étaient respectés –, les couleurs françaises furent à jamais remplacées par la bannière étoilée, hissée sous le regard incrédule du préfet Pierre-Clément de Laussat qui avait pris ses fonctions moins de trois ans auparavant.&lt;br /&gt;La suite des événements fut quelque peu chaotique. Les Américains, au traditionnel esprit puritain, étaient qualifiés de «barbares» par les Créoles et de «yankees» par les Cajuns. Et pourtant, en 1815, face à l'ennemi commun (les 10 000 soldats anglais de Sir Edward Pakenham), tous se retrouvèrent unis sous les ordres du général Andrew Jackson, mêlant les accents de la &lt;em&gt;Marseillaise&lt;/em&gt; à ceux du &lt;em&gt;Yankee Doodle&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;Admiratifs devant un tel élan patriotique, n'en oublions pas pour autant un ultime détail qui vaut son pesant de curiosité: l'indemnité matérialisant l'achat de la Louisiane par les États-Unis ne fut soldée qu'en... 1925!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;En pays de connaissance&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_mamoqsbdk1d14102004101355501897.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;Pour les &quot;Hexagonaux&quot;, que serait un périple en Louisiane sans un contact avec leurs lointains cousins d'Outre-Atlantique: les Cajuns? Grâce à la secrète connivence que nous entretenons avec eux, nous ressentons un attrait tout particulier pour ce coin d'Amérique qui est le leur et qui ne ressemble assurément à aucun autre.&lt;br /&gt;Descendants de Canadiens français chassés de leur territoire lors du «Grand Dérangement» (1755-1763) pour ne pas avoir voulu faire allégeance à la Couronne anglaise ni adopter la religion anglicane, les Acadiens ou Cajuns ont commencé à trouver refuge en Louisiane à partir de 1765. Leur immigration fut plus massive en 1785. En 1790, 4 000 étaient installés le long des bayous, dans les régions marécageuses du delta du Mississippi où les Créoles les avaient cantonnés. &lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_mamoqsbdk1d14092004135814156355.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; /&gt;Quant aux conditions de leur exil, elles sont résumées par une lettre du gouverneur Aubry au duc de Choiseul-Stainville, ministre de la Marine nationale, en date du 25 février 1765: «Acadiens hommes, femmes  et enfants [...] de débarquer icy, et mouroient réellement de misère, si on ne les secouroient. Ces pauvres familles [...] ne sont malheureuses que par leur attachement inviolable à leur patrie et à leur religion.» Et le gouverneur d'ajouter trois mois plus tard: «Ils renaissent à la Louisiane et y feront des merveilles si on les aide un peu.» &lt;br /&gt;Une enquête officielle datant de 1990 et reprise par le CODOFIL (Conseil pour le développement du français en Louisiane), faisait état des statistiques suivantes: sur 4,2 millions d'habitants en Louisiane, 898 716 se déclarent d'ascendance francophone: 411 645 d'origine française, 79 752 d'origine franco-canadienne, 407 319 d'origine acadienne (soit 61 % des Acadiens résidant dans l'ensemble des États-Unis).&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_mamoqsbdk1d14092004135815804541.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;Langue officielle de facto de 1682 à 1803, puis admise finalement comme telle par une loi de 1968, le français a connu à certaines périodes un sort moins favorable. Bien que la Constitution américaine de 1845 ait attribué des droits spécifiques aux francophones de Louisiane, le statut officiel du français fut aboli en 1861, comme «punition» pour la position prise par les Louisianais lors de la guerre de Sécession. En 1916, l'anglais était la seule langue d'enseignement dans les écoles. Les enfants cajuns étaient régulièrement et sévèrement rappelés à l'ordre: &lt;em&gt;«Speak white!»&lt;/em&gt; («Parlez &quot;blanc&quot;!») On a qualifié cette période d' «Heure de la honte». Mais de quel côté était la honte?&lt;br /&gt;Aujourd'hui, seuls 8 % des Louisianais parlent la langue de Molière, en la saupoudrant de mots et expressions pour le moins savoureux. &lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_mamoqsbdk1d14092004141738252527.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; /&gt;Fromille, icitte, asteur, cocodril, maringouin, chaudière et chevrette signifient, dans l'ordre: fourmi, ici, maintenant, alligator, moustique, casserole, crevette. Si un Cajun y va d'un généreux et souriant «Lâche pas la patate!», empressez-vous de comprendre: «Ne laisse pas tomber! Continue de la même manière!»&lt;br /&gt;Une mention spéciale enfin pour quelques proverbes que vos hôtes se feront sans nul doute un malin plaisir de vous citer au cours d'une conversation:&lt;br /&gt;- «Le cabri est dans le maïs.» (Quand une robe est prise entre les fesses)&lt;br /&gt;- «Il a toujours un pet accroché.» (Quelqu'un se plaignant constamment)&lt;br /&gt;- «C'est lui qui a gratté la lune pour faire les étoiles.» (Quelqu'un toujours content de lui)&lt;br /&gt;- «Aller se graisser les jarrets» (danser). &lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_mamoqsbdk1d14092004141737819556.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;Une inscription d'un bar de Henderson propose du Cajun le portrait suivant: «Une personne née et élevée le long des bayous du sud de la Louisiane, vouée au gombo [soupe traditionnelle], au boudin, à la sauce piquante, à l'écrevisse et au jambalaya [sorte de paella], et se consacrant au fais-dodo [soirée de musique et de danse], à la musique acadienne française, au dur labeur et au laisser les bons temps rouler.»&lt;br /&gt;Sans doute pour tirer les enseignements d'une histoire particulièrement mouvementée, les Cajuns se sont enracinés dans une joie de vivre dont ils semblent ne jamais se départir et qu'ils prennent plaisir à partager:&lt;br /&gt;«Les vieux Cadjins de la Louisiane&lt;br /&gt;Est l'meilleur citoyen du monde&lt;br /&gt;Ça brûle du bois dans leur cheminée&lt;br /&gt;Ça boit du &quot;moonshine&quot; tout l'hiver &lt;br /&gt;Ça danse les polkas du vieux temps&lt;br /&gt;Les mazurkas, les valses z'aussi&lt;br /&gt;On a trouvé not'paradis&lt;br /&gt;Dedans le sud de la Louisiane. »&lt;br /&gt;(chanson cajun citée par &lt;em&gt;Cadjins et Créoles en Louisiane&lt;/em&gt;, de Patrick Griollet, Payot, 1986)&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_mamoqsbdk1d14092004141735713630.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Contrastes&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Pas de voyage en Louisiane sans, bien sûr, un petit ou grand détour vers les &quot;plantations&quot;. Trois haltes recommandées illustrent le passé du &quot;vieux Sud&quot;, mettant en valeur ses traditions sans occulter ses contrastes et ses disparités.&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_mamoqsbdk1d14102004102756357274.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;La Laura Plantation tout d'abord, située sur la paroisse de Vacherie (rive ouest du Mississippi), nous introduit au coeur d'une exploitation créole de canne à sucre qui regroupait, sur le même site, une collectivité d'hommes, de femmes, d'enfants, souvent esclaves. On est bien loin d'&lt;em&gt;Autant en emporte le vent.&lt;/em&gt; Ici, pas de robes à crinoline. Pas de place non plus pour les caprices de Mam'zelle Scarlett. Mais plutôt, pour reprendre la description de John Kemp, dans &lt;em&gt;Louisiana Life &lt;/em&gt;(1995), «des bruits, des histoires faites de rires, de larmes sur fond de tragédies, de guerre et d'esclavage, ainsi qu'un mode de vie bel et bien disparu (qui hante) aujourd'hui les immenses pièces en enfilade et les galeries silencieuses de la maison».&lt;br /&gt;Pendant que les planteurs créoles faisaient la navette entre leur domaine et le Vieux Carré à La Nouvelle-Orléans, leurs esclaves croupissaient dans la misère innommable des cabanes qui leur étaient affectées, se remémorant de temps à autre leur lointain Sénégal avec &lt;em&gt;Compère Lapin, Compère Bouki &lt;/em&gt;et autres fables populaires.&lt;br /&gt;Le Musée de la Vie rurale de la Louisiane sur Essen Lane (Baton Rouge) est animé du même souci d'authenticité. Ici, aucun tape-à-l'oeil illusoire, mais une reconstitution exacte des conditions de vie du contremaître et des esclaves sur une plantation du temps de la préindustrialisation.&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_mamoqsbdk1d14092004140716388586.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;La Nottoway Plantation enfin nous immerge dans un univers différent. Tout n'y est que luxe, presque dans la démesure, et invitation à l'élégance. C'est en 1849 qu'un certain John Hampden Randolph, un planteur extrêmement riche, fit construire ce home pour lui et sa nombreuse famille, sur le style du Greek revival (imposantes colonnades). Soixante-quatre pièces, des manteaux de cheminée en marbre taillé à la main, des poignées de porte en porcelaine de Dresde, deux cents fenêtres, etc., seule manque la vue directe sur le Mississippi, une digue ayant été construite pour contenir les débordements du fleuve.&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_mamoqsbdk1d14092004142727387466.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;Nottoway Plantation se définit elle-même comme «la plus grande et la plus belle demeure du Sud». On s'y sent à l'aise ou pas. Quoi qu'il en soit, le maître de céans invite les visiteurs à découvrir la splendeur aristocratique qui fut autrefois celle du Sud.&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_mamoqsbdk1d14092004143045936135.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Le berceau du jazz&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_mamoqsbdk1d14092004142725846840.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;Pas de voyage en Louisiane non plus sans une halte prolongée à La Nouvelle-Orléans. Niou-Orlins, N'awlins, Nyaulyuns... quelle que soit la prononciation, cette capitale par le coeur de la Louisiane est la ville de tous les superlatifs. Spontanée mais aussi mystérieuse, elle ne se livre pas en quelques heures, ni même assurément en quelques jours. Elle se prête à de longs vagabondages, avec ou non un itinéraire précis. Certes, elle joue le jeu du tourisme consommateur avec force gadgets, distractions et autres plaisirs. Mais cette façade n'est que secondaire. On ne vient pas à La Nouvelle-Orléans pour y acheter des petits jazzmen en plâtre, éventuellement consulter une voyante ou errer par simple curiosité dans la célèbre rue Bourbon.&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_file0087.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;New Orleans a été surnommée &lt;em&gt;The Big Easy, The Sleeping Beauty, The City of Dreams, The City of Saints and Sinners&lt;/em&gt;... Elle est peut-être d'abord &lt;em&gt;The Crescent City&lt;/em&gt; qui épouse les courbes du &quot;Père des Eaux&quot; ou &quot;Old Man River&quot;: le Mee-zee-see-bee des Indiens, devenu aujourd'hui Mississippi. Avant d'être la voie d'eau empruntée par les bateaux à vapeur qui ingurgitent leur ration quotidienne de touristes pour une croisière de deux heures en musique, le fleuve tient une place importante  dans l'activité économique du pays (transport par cargos).&lt;br /&gt;Les centres d'intérêt de La Nouvelle-Orléans sont multiples: parc Audubon, aquarium des Amériques, parc Jean Laffitte, musée vaudou, balade à bord du &quot;Tramway nommé Désir&quot;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_mamoqsbdk1d14092004142723980897.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;rendu célèbre par Tennessee Williams, musée des Beaux-Arts... Sous aucun prétexte, nous n'oublierons les gastronomies créole et cajun qui savent jouer de la séduction tant sont multiples et variées leurs spécialités.&lt;br /&gt;Lorsque l'on ne dispose que d'un jour ou deux, on se limitera au Vieux Carré ou Quartier français qui, à lui seul, mérite le voyage. Pas moyen de se perdre: il n'y a que des lignes droites! Dégagé du souci de se repérer, on a tout loisir pour errer au gré de l'inspiration en prêtant une attention particulière à l'architecture qui a fait de La Nouvelle-Orléans &lt;em&gt;«America's most interesting City»&lt;/em&gt;. Différentes influences y sont visibles: française, espagnole, créole, anglaise, américaine. On remarquera notamment l'omniprésence du fer forgé ou moulé qui orne de manière très typique les façades colorées.&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_copie_de_file0086.3.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;La Nouvelle-Orléans ne serait plus elle-même sans la musique, la palme revenant, on s'en serait douté, au jazz. Cette musique &quot;nouvelle&quot; y a fait son apparition au début des années 1900. Elle s'inspirait des rythmes et des thèmes du ragtime et du blues, en se basant tout d'abord sur une improvisation collective à trois instruments: trompette, clarinette, trombone. Sont venus ensuite se joindre le saxophone et une section rythmique (basse, batterie, guitare, piano).&lt;br /&gt;Au nombre des célébrités ayant marqué ces origines, il faut citer celui qui, à tort ou à raison, se considérait lui-même comme l'inventeur du jazz: Mister Jelly Roll Morton (1885-1941), Ferdinand Joseph La Menthe de son vrai nom. Avec son sourire endiamanté, sa chaîne de montre et ses bagues en or, ce «gentleman du Sud à l'argot glané dans les bordels» a contribué plus que quiconque, en particulier avec sa formation des Red Hot Peppers, à élaborer une rythmique et des harmonies qui allaient ensuite partir à la conquête du monde.&lt;br /&gt;On ne peut également passer sous silence quelques autres très grands noms du swing des origines qui, à un titre ou à un autre, sont liés à La Nouvelle-Orléans: King Oliver (1885-1938), Louis Armstrong (1901-1971), Mahalia Jackson (1911-1972), Sidney Bechet (1897-1959)...&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_mamoqsbdk1d14102004101357730553.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd'hui, en déambulant dans le Quartier français, il suffit de se laisser guider à l'oreille. Dès le début de l'après-midi, La Nouvelle-Orléans commence à s'enivrer de blues et de jazz. On y trouve du meilleur et du moins bon. Lorsque le soir tombe et que les lumières des néons inondent progressivement les rues de leurs couleurs tantôt chatoyantes, tantôt plus agressives, le jazz prend possession du coeur de la ville. Il n'y a que l'embarras du choix. Mais une adresse est absolument incontournable, quitte à devoir faire la queue une heure ou plus: Preservation Hall. Ce sanctuaire du jazz est un minuscule local dont la vétusté fait tout le charme. On s'y entasse comme on peut, dans la pénombre, par petits groupes successifs. Succédant aux George Lewis, Punch Miller, Jim Robinson, Louis Nelson et autres pointures du genre, les formations qui y officient nous servent de la vraie et bonne musique, propre à convertir les oreilles les plus hermétiques. Si vous ne souhaitez pas voir le maître des lieux piquer une belle colère, mieux vaut s'abstenir de mémoriser la soirée par des photos au flash ou l'utilisation de tout autre moyen d'enregistrement. Laissez-vous plutôt porter par l'ambiance, très proche certainement de celle qu'elle était quand des musiciens sans nom y inventaient les premiers accents d'une musique qui donnait une expression nouvelle aux chants des esclaves des champs de coton.&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_mamoqsbdk1d14092004143044126948.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Sélection de sites, tour-operateurs et documentation sur la Louisiane : cliquer &lt;a href=&quot;http://www.ecltd.com/Pages/NOSavoir%20plus.htm&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;ICI&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_louisiana_flag.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;
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<title>Venise : l'arte della commedia</title>
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<updated>2005-12-22T10:05:00+01:00</updated>
<published>2005-12-22T10:05:00+01:00</published>
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<summary>  La Cité des Doges sait donner à la tradition séculaire du carnaval une...</summary>
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&lt;strong&gt;La Cité des Doges sait donner à la tradition séculaire du carnaval une inimitable couleur, avec une distinction qui la départage des autres villes célébrant la même fête, mais sans pour autant renoncer aux comportements fantasques des personnages de la commedia dell'arte.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_mamoqsbdk1d14062005085940434864.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;On peut tomber amoureux de Venise.&lt;br /&gt;On peut être envoûté par cette ville à nulle autre pareille. Qu'on l'aborde pour la première ou la énième fois...&lt;br /&gt;Dans le dédale des imprévisibles détours de ses ruelles où l'on prend plaisir à se perdre, la symphonie des lumières et des couleurs, amplifiée par la magie des eaux, est un miracle permanent. Même le temps qui passe y adopte un rythme différent, réduisant nos repères quotidiens à leur plus plate banalité. Et puis, Venise ne possède-t-elle pas cette toujours étonnante vertu d'éveiller l'émotion, les plus nobles sentiments?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Une longue tradition&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_copie_2_de_file0103.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;Le carnaval venu, la féerique Cité des Doges se transforme en une gigantesque scène de théâtre baroque. Elle se fait spontanément complice d'une &lt;em&gt;commedia &lt;/em&gt;où la &quot;volte-face&quot; est de mise, condamnant nos habitudes à rester sur le bord du chemin, mais toujours dans le respect de ce qu'il est convenu d'appeler la bienséance.&lt;br /&gt;Venise a adopté cette fête de longue date. Les premières traces du carnaval y apparaissent en effet à la fin du XIe siècle, avec l'autorisation accordée à la population, par le doge Vitale Falier, de donner libre cours à ses amusements et réjouissances. La fête ne connaîtra toutefois sa véritable et pleine expression que dans la seconde moitié du XIIIe siècle, donnant un complément de solennité aux événements marquants de la vie locale, à commencer par les faits d'armes des doges.&lt;br /&gt;Venise affichant de plus en plus son prestige, très rapidement la joyeuse parenthèse en période de Carême ne lui suffit. Le carnaval durera donc non pas une, ni deux semaines, mais bien davantage, jusqu'à six mois de l'année! Tous les prétextes sont bons pour s'adonner aux réjouissances: une réception de hautes personnalités, les fêtes religieuses, les &quot;épousailles avec la mer&quot;...&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_mamoqsbdk1d13062005203437767589.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;Dans une atmosphère où déploiement de richesses et démonstrations d'élégance donnent le ton aux manifestations publiques, ce sont tout d'abord les nobles qui, pour se différencier du commun des mortels, adoptent l'habit qui deviendra la tenue de fête typiquement vénitienne, portée même hors carnaval (par exemple pour se rendre au théâtre, pour fréquenter les cafés ou pour donner un piment supplémentaire aux rencontres galantes). Cet habit se compose du &lt;em&gt;tabarro&lt;/em&gt; (cape noire ample et légère, portée sur les habits), de la &lt;em&gt;bauta&lt;/em&gt; (capuchon de soie ou de dentelle noire couvrant de la tête aux épaules), d'un masque blanc (&lt;em&gt;volto&lt;/em&gt; ou &lt;em&gt;larva&lt;/em&gt;) et du tricorne noir.&lt;br /&gt;Aussi bien portés par les hommes que par les femmes, la &lt;em&gt;bauta&lt;/em&gt; et ses compléments vestimentaires seront ensuite adoptés par l'ensemble des Vénitiens, une version plus économique, sans dentelle, étant disponible pour les personnes de situation plus modeste.&lt;br /&gt;Le correspondant féminin de cette tenue répond au doux nom de &lt;em&gt;moretta&lt;/em&gt;, un masque ovale de couleur noire et doté d'un bouton à l'emplacement de la bouche pour pouvoir être porté élégamment. Le fait de tenir ce masque entre les dents contraignant au silence, il lui fut également donné le nom de &lt;em&gt;muta &lt;/em&gt;(muette). Il est toutefois reconnu que ce mutisme auquel se sont ainsi contraintes les Vénitiennes est un atout supplémentaire de leur séduction, si tant est que leurs célèbres décolletés généreux ne soient pas déjà un argument suffisant!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_file0102.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Sous le masque, tout est permis&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;De son caractère festif mi-officiel mi-spontané, le carnaval vénitien évoluera pour adopter les contours d'une kermesse généralisée où le défoulement des moeurs prendra une place prépondérante. Non seulement on s'adonne à des jeux, à des tournois, à des compétitions (au rang desquelles figurent les célèbres pyramides humaines appelées &lt;em&gt;forze d'Ercole&lt;/em&gt;), voire à des scènes de pugilat (la &lt;em&gt;guerra dei pugni&lt;/em&gt;) ou à des corridas avant l'heure, mais on commence surtout à brûler Sa Majesté Carnaval, symbole du pouvoir, et à immoler les taureaux de la corrida, représentant les taxes prélevées par ce même pouvoir.&lt;br /&gt;Sous le masque, tout est permis, jusqu'aux plus excentriques des excentricités et aux manifestations d'un libertinage débridé dont Casanova fut le plus célèbre représentant. Non seulement on fait bonne chère, mais la chair n'est plus, pour un temps, soumise au respect de la vertu. L'anonymat offert par le déguisement permet aux bourgeois de s'encanailler et à l'ensemble du bon peuple de Venise de croire, au moins momentanément, à l'atténuation des barrières sociales et des conventions.&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_file0103.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;Pareilles extravagances n'échappent pourtant pas à une réglementation très complexe. Celle-ci s'ingénie, les années et les siècles passant, à multiplier les interdits. Sont notamment visés ceux qui profitent de l'incognito pour régler leurs comptes, en ayant éventuellement recours aux armes. Également dans le collimateur de la loi les petits farceurs qui pénètrent masqués dans les couvents de nonnes pour y commettre «&lt;em&gt;multas inhonestates&lt;/em&gt;»! &lt;br /&gt;Après avoir connu son expression la plus éblouissante du XVIe au XVIIIe siècle, le carnaval sera aboli en 1797 par un certain Bonaparte, le tout nouveau promu général en chef de l'armée d'Italie.&lt;br /&gt;Il faudra attendre les années 1970-1980 pour assister à son renouveau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;«Un masque raconte beaucoup plus qu'un visage» (Oscar Wilde) &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;L'origine du masque se perd dans la nuit des temps. Porté à des fins rituelles ou magiques, il était présent en de nombreuses cultures. Même dans la préhistoire, on trouve trace de son usage, sous une forme rudimentaire: les chasseurs se couvraient de peaux de bêtes pour se camoufler, à l'affût de leurs proies.&lt;br /&gt;La signification religieuse du masque était constante dans les civilisations égyptienne (masque des momies, représentations animales – faucon, ibis, lion, taureau – portées par les prêtres lors des cérémonies) et grecque (fêtes en l'honneur de Dionysos).&lt;br /&gt;La Grèce antique fut vraisemblablement la première à donner au masque une signification autre que mortuaire ou rituelle. Au théâtre, outre sa fonction de porte-voix, il servait d'accessoire pour souligner les traits d'une expression soit tragique, soit comique, ou pour créer des rôles féminins. Cet usage profane fut introduit ensuite dans le théâtre romain pour les représentations des &lt;em&gt;Fabulae atellanae&lt;/em&gt; (farces jouées à la fin de certains spectacles), puis, beaucoup plus tard, dans la commedia dell'arte et sa galerie de personnages hauts en couleurs, symbolisant généralement le ridicule humain.&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_mamoqsbdk1d13062005204637622958.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;L'apparition enfin du masque dans la rue est liée aux festivités du carnaval. Ce serait Enrico Dandolo qui l'aurait ainsi introduit à Venise en avril 1204, après la prise de Constantinople lors de la quatrième croisade. Le doge y fut en effet séduit par les belles de la capitale de l'Empire byzantin qui déambulaient, un loup de velours sur le visage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Au hasard des rencontres&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;La &lt;em&gt;bauta&lt;/em&gt; et la &lt;em&gt;moretta&lt;/em&gt;, masques les plus traditionnels de Venise, s'accommodent très bien, de manière très courtoise, de la présence d'autres masques, même si ces derniers ne sont a priori le fruit d'aucune inspiration vénitienne, sinon par la recherche de la couleur et une certaine fidélité à l'esprit baroque. En définitive, le carnaval n'est-il pas, dans ses racines, un pied de nez aux conventions, aux traditions?&lt;br /&gt;On prend plaisir, place Saint-Marc, à retrouver sous leurs plus beaux et authentiques atours, les personnages de cette tradition théâtrale italienne par excellence qu'est la commedia dell'arte.&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_file0100.3.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;Premier d'entre eux et le plus populaire: Arlecchino, francisé en Arlequin. Ce nom pourrait venir de Hellequin, Herlequin ou Harlequin, diable bouffon des mystères populaires du Moyen-Âge français. D'autres historiens des mascarades font plutôt dériver ce nom de Erlenkönig, farfadet de la mythologie scandinave ou germanique. Quoi qu'il en soit, Arlequin est bien originaire de la ville lombarde de Bergame. Il serait, bien que cette filiation soit parfois contestée, le descendant de Sannio, personnage des forêts devenu Zanni dans la comédie italienne.&lt;br /&gt;Un pantalon collant et une veste confectionnés de losanges très colorés, un bâton attaché à la ceinture, un demi-masque noir aux traits félins, un nez proéminent et une grosse bosse rouge sur la tête: l'accoutrement traduit à merveille le caractère de ce valet stupide, balourd et rusé. Au sujet de son origine contestée, Arlequin se contente de répondre qu'il descend, comme tout le monde, de l'escalier de sa maison!&lt;br /&gt;Deuxième personnage typique de la &lt;em&gt;commedia&lt;/em&gt; italienne: Pantalone. Ce vieux marchand vénitien ruiné, décrépit et bourru a sans doute quelque bon côté: il est amoureux! Mais il est surtout radin au point, disent les mauvaises langues, qu'il se nourrit habituellement de soupe au chat de gouttière et que, lorsqu'il lui arrive de se procurer un oeuf, il n'en mange que le jaune pour donner le blanc à sa femme. Il est vêtu d'une tunique, d'un haut-de-chausses et de bas rouges, le tout complété par des babouches et un long manteau (&lt;em&gt;zimara&lt;/em&gt;) de couleur noire pour symboliser le deuil pris par la République de Venise en 1470 à la suite de la prise de l'île d'Eubée, en mer d'Égée, par les Turcs.&lt;br /&gt;Le nom de Pantalone pourrait être inspiré par le premier patron de la Cité des Doges (san Pantaleone). Il pourrait également venir de &lt;em&gt;pianta leoni&lt;/em&gt; (&quot;plante-lions&quot;), les Vénitiens marquant leur conquête de nouvelles terres en plantant sur celles-ci l'étendard de leur ville, sur lequel est représenté le lion de saint Marc. Inspiré du costume du vieillard de la comédie italienne, notre actuel &quot;pantalon&quot; a reçu son sens moderne en 1790, par opposition à la &quot;culotte&quot; portée serrée aux genoux et aux mollets.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Galerie de portraits – suite&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Deux personnages du corps médical sont en bonne place dans la distribution des rôles carnavalesques.&lt;br /&gt;Le médecin tout d'abord, sans spécialisation particulière, sinon que ce Monsieur-je-sais-tout se contente d'être savant et grand bavard, donc pédant. Son costume est à l'image de son caractère. Pantalon noir, bas et cape, collerette blanche, demi-masque mettant en évidence un front bombé et un nez bosselé: on ne ferait pas mieux en matière d'austérité. Il est vrai que notre grand érudit est «vide d'idées et de sentiments».&lt;br /&gt;Quant au &lt;em&gt;medico della peste&lt;/em&gt; (médecin de la peste), &lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_file0101.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; /&gt;il se caractérise surtout par deux attributs typiques: une longue baguette toujours à la main, pour soulever les couvertures ou vêtements des pestiférés sans entrer en contact avec eux, et un nez démesurément long, en forme de bec d'oiseau. Cet appendice était autrefois bourré de coton imbibé d'essences d'herbes aromatiques et désinfectantes en guise de filtre pour éviter de contracter la peste par les voies respiratoires.&lt;br /&gt;Sans nécessairement respecter l'ordre de préséance ou d'entrée en scène, suivent d'autres personnages affublés eux aussi de tenues caractéristiques: Brighella, le serviteur rusé et sans scrupules (face disgracieuse, livrée blanche striée de diagonales vertes, couvre-chef à liseré vert, demi-masque noir); Colombine, la soubrette experte dans l'art de la séduction (robe à pièces très colorées); Pulchinella (Polichinelle), le saltimbanque bouffon et parfois stupide (grande blouse blanche serrée à la taille par une ceinture de cuir, pantalon large et plissé, masque noir, chapeau pointu); le Capitaine, soldat fanfaron et grotesque (uniforme à rayures multicolores, gros boutons dorés, chapeau à plumes, longue épée recouverte de... toiles d'araignée!); Pierrot le clown blanc,la gnaga (homme déguisé en femme), l'homme sauvage, le pêcheur de Chioggia, le &lt;em&gt;mattaccino &lt;/em&gt;(aux comportements un peu fous, comme par exemple le jet d'oeufs remplis d'eau de rose)...&lt;br /&gt;Bref, cette galerie de portraits, transférée en nos temps modernes, n'aurait rien à envier aux Guignols de l'info! La charge caricaturale ferait bien partie de cette expression particulière du rire qu'est l'humour et qui, aux dernières nouvelles, définit toujours le propre de la nature humaine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Un «business»&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_mamoqsbdk1d13062005225243956231.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;Croiserez-vous l'ensemble de ces masques lors de votre prochain carnaval dans la sublime ville de Venise? Ce n'est pas certain. Mieux vaut en effet le savoir: les festivités du carnaval tendraient actuellement à échapper à la population locale pour faire amplement place à d'autres carnavaliers, notamment français et allemands. &lt;em&gt;«Le carnaval,&lt;/em&gt; nous affirme Mario Belloni, fabricant de masques, &lt;em&gt;n'intéresse plus les Vénitiens. Il est, au sens le plus large du mot, défiguré. Après une courte période de retour à l'authenticité, il est devenu l'occasion d'un tourisme de masse, autrement dit rien d'autre qu'un business. Une grande partie des masques en vente dans la ville, en particulier aux abords de la place Saint-Marc, sont de fabrication étrangère. Ils proviennent notamment de certains pays de l'Est où, comme chacun sait, la main-d'oeuvre est bon marché. Vous en trouverez même de fabrication chinoise. Ils sont faciles à reconnaître: ils sont en plastique!»&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Cinzia Thomi, autre spécialiste du masque fabriqué artisanalement, est tout aussi réaliste: &lt;em&gt;«Les Vénitiens en ont ras-le-bol du carnaval! On ne sent plus l'atmosphère que nous connaissions il y a seulement quelques années. Seuls les touristes d'une journée s'y intéressent. Ce faisant, ils apportent peu à l'économie locale. Par contre, ils laissent sur place beaucoup de déchets!»&lt;/em&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_file0105.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;Bonjour l'ambiance! Et pourtant, nos deux interlocuteurs n'ont nullement l'intention de dissuader quiconque de fréquenter Venise, particulièrement en période de carnaval. Même si sous les masques se cachent des &lt;em&gt;stranieri &lt;/em&gt;(étrangers) qui prennent un évident plaisir à se plier au rituel de la déambulation lente et silencieuse sur la place Saint-Marc, adoptant par moments la pose attendue par des dizaines de photographes, le carnaval reste bien la fête de la couleur et du raffinement.&lt;br /&gt;Seul point d'ombre, pour reprendre les griefs formulés par Cinzia et Mario, et il est loin d'être secondaire: où est l'authenticité dans tout cela? En tout premier pour les masques proposés à la vente dans les rues de la ville. En réalité, c'est le flou qui domine. Les &lt;em&gt;mascareri &lt;/em&gt;(fabricants de masques) ont bénéficié dès 1436, au temps du doge Foscari, d'un statut qui les rattachait à la profession de peintres. Mais aujourd'hui, aucune mesure réglementaire ne vient défendre un art menacé par une concurrence étrangère sauvage. Les autorités locales ou régionales semblent ignorer superbement cette revendication, laissant place à l'opportunisme de certains, mais aussi, fort heureusement, à la ténacité de quelques artisans soucieux de préserver une tradition en voie de disparition.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Un savoir-faire ancestral&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;C'est le cas de Cinzia et Mario qui, dans le secret de leurs ateliers respectifs, continuent de créer des masques de manière artisanale. Chaque masque est ainsi une oeuvre unique.&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_file0104.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;À partir d'un modèle en argile, puis d'un moule en plâtre, reproduction en négatif du modèle, le masque est fabriqué suivant la technique du carton-pâte détrempé, encollé et appliqué à l'intérieur du moule. Après séchage et extraction du moule, il est décoré avec de la gouache, de l'aquarelle, du vernis, des feuilles d'or ou d'argent, de la cire, des tissus précieux, du cuir, des plumes, de la passementerie...&lt;br /&gt;Plus que d'oeuvres uniques, c'est de réels chefs-d'oeuvre qu'il faudrait parler dans le cas de cette fabrication artisanale. &lt;em&gt;«Il n'existe,&lt;/em&gt; commente Mario Belloni, &lt;em&gt;aucun lieu capable de m'étonner, de me surprendre comme Venise. J'ai vu des paysages, j'ai vu des villes, mais ici se cache un mystère impalpable qui apparaît de temps à autre, qui semble tout à coup vouloir se dévoiler, mais qui en fait ne se laisse jamais saisir. Tout comme l'eau devient beauté et art à Venise, les masques eux aussi ont perdu ici toute autre connotation et ont fini par faire partie du charme qui imprègne ce lieu. &lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_mamoqsbdk1d13062005230445356273.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; /&gt;J'aime Venise et j'aime les masques, mais j'aime surtout le sens ultime de ce qu'ils cachent. Je l'ai dit: je ne l'ai pas encore tout à fait compris, mais il y a sûrement en eux un sourire apaisé, satisfait. »&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;On vous l'avait bien dit: on peut tomber amoureux de Venise la Sérénissime. Peu importe que ce soit masqué ou à visage découvert...
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<title>Irlande : si proche, si différente</title>
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<updated>2005-12-13T13:10:00+01:00</updated>
<published>2005-12-13T13:10:00+01:00</published>
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<summary>  De l'Irlande (du Sud), on a tout dit, tout écrit. La simple évocation de ce...</summary>
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&lt;strong&gt;De l'Irlande (du Sud), on a tout dit, tout écrit. La simple évocation de ce mot suscite mille et une images et autant de sensations. Rien ne vaut toutefois une escapade en liberté dans ce vrai pays du fair-play, là où, de surcroît, l'art de vivre a la bonne idée de chasser les nuages de la morosité. &lt;br /&gt;Sous forme de check-list, voici quelques suggestions pour partir à la découverte de l'Irish way of life.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_file0008.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Accueil&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Céad Míle Fáilte&lt;/em&gt;! (Mille fois bienvenue!):&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_file0094.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt; l'hospitalité irlandaise n'est pas un mythe. Le bonjour (l'index levé quand on est en voiture) et même le sourire sont fréquents. Par contre, on ne se serre pas la main, sauf pour une première rencontre.&lt;br /&gt;À la question «Comment allez-vous?», on répond très couramment: &lt;em&gt;«It could be worse!»&lt;/em&gt;  (Ça pourrait être pire!), ou bien &lt;em&gt;«Not so bad, not so bad!»&lt;/em&gt; (Pas trop mal!)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Bed and breakfast&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;C'est le duo gagnant de l'hospitalité irlandaise, la meilleure manière de sentir et apprécier l'Eire du temps présent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_homme_tanquille.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;strong&gt;Cinéma&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;L'Irlande et ses paysages ont inspiré le septième art. À voir ou revoir: &lt;em&gt;L'Homme d'Aran&lt;/em&gt; de Robert J. Flaherty (1934), &lt;em&gt;L'Homme tranquille &lt;/em&gt;de John Ford (1952), &lt;em&gt;Un Taxi mauve&lt;/em&gt; d'Yves Boisset (1977) d'après le roman de Michel Déon, &lt;em&gt;La Fille de Ryan&lt;/em&gt; de David Lean (1970)...&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_file0093.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Citations&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;- «Travail? Il faut bien aborder ce mot délicat et avouer que l'Irlandais n'est pas fou de travail. La compétition, l'escalade de l'expansion ne le tentent guère. Il demande son pain, sa bière, un toit, la liberté de jouir des siens et d'aimer son Dieu. [...] Cette philosophie de la vie est le grand charme de l'existence en Irlande et l'occasion d'un bavardage infini.»&lt;br /&gt;(Michel Déon, dans &lt;em&gt;L'Irlande ou les musiques de l'âme&lt;/em&gt;, ouvrage collectif, Arts, 1989)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- «Qu'il est bon d'être loin du soleil&lt;br /&gt;de retour dans le nord&lt;br /&gt;aux obscurs gisements de mes îles&lt;br /&gt;où l'hiver est si long&lt;br /&gt;que bien peu de lumière&lt;br /&gt;nous parvient mais parfaite.» &lt;br /&gt;(Derek Mahon, &lt;em&gt;Poésies d'Irlande&lt;/em&gt;, éditions du Sud, 1987)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- «Erin, Erin, la terre sacrée des géants et des saints. Erin, île à la harpe d'or, aux rochers gris sur le sable pâle, au ciel bleu velouté, aux prairies vertes, aux torrents bruns, aux marais noirs. Ah! de tes côtes, Erin, Irlande bien-aimée, sont partis les grands imrams aventureux, en quête de terres nouvelles. Vers elles sont venus les moines dans leurs auges de pierres... Patrick et Colomban t'ont imprimé le sceau catholique. Tu lui es restée fidèle, Erin, qui pourra jamais dire au prix de quel sang versé! Et pourtant jamais, terre glorieuse, tu n'as cessé d'unir aux splendeurs strictes des hymnes latins la sombre beauté des mythes du Nord.»&lt;br /&gt;(Pierre Benoît, &lt;em&gt;La Chaussée des géants&lt;/em&gt;, 1922)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- «Si tu lances une pierre dans un pub, tu peux être sûr qu'elle touchera au moins trois poètes.» &lt;br /&gt;(proverbe irlandais)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- «Les Irlandais sont un peuple juste: ils ne disent jamais du bien les uns des autres.» &lt;br /&gt;(Samuel Johnson, essayiste du XVIIIe siècle)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Climat&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;L'éternelle question!&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_file0005.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;Le climat irlandais est océanique, donc généralement tempéré. Les vents d'ouest et le Gulf Stream amènent bien sûr des précipitations assez (très?) fréquentes. Ce n'est pas pour rien que le vert est la couleur officielle de l'Irlande! Le temps peut toutefois changer très rapidement, trois ou quatre fois dans la journée. D'où le proverbe: «Si vous n'aimez pas le temps irlandais, patientez cinq minutes, ça va passer!» On peut avoir droit aux quatre saisons au cours d'une même journée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;«Craic»  &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Ce mot signifie que l'on a et que l'on prend du bon temps.&lt;br /&gt;C'est une atmosphère qui «contient au moins un des éléments suivants: de la musique, une discussion animée, une pincée de fougue, un soupçon d'humour absurde, une goutte d'alcool fort ou une bonne tasse de thé, deux ou trois choses à manger ou des éclats de rire.» (&lt;em&gt;Irlande&lt;/em&gt;, Gallimard, collection Spiral, 2001)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Économie&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_file0097.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;Prédominance de l'agriculture: élevage, orge, betteraves sucrières.&lt;br /&gt;Manque de ressources naturelles et énergétiques. Le pouvoir calorifique de la tourbe, toujours très exploitée, n'est que le sixième de celui du charbon.&lt;br /&gt;Les industries alimentaires emploient le cinquième de la main-d'oeuvre locale.&lt;br /&gt;Autres industries: cuir, chaussures, textiles, papier, composants et sous-ensembles micro-électroniques.&lt;br /&gt;Implantation de nombreuses sociétés étrangères.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Famine&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;L'Irlande a connu, dans la première moitié du XIXe siècle, une effroyable famine due à une récolte de pommes de terre anéantie. Des épidémies de typhus, scorbut et dysenterie décimèrent la population. Une émigration massive vers les États-Unis et l'Angleterre favorisa la prise des terres par les Anglais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Français (année des)&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;L'armada française, commandée par le général Hoche, est intervenue en Irlande au cours de l'hiver 1796, à la demande du nationaliste Wolfe Tone, dans le but de chasser les Anglais. Mais ce fut rapidement la déroute pour cause de brouillard, puis de tempête.&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_file0098.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deuxième intervention en août 1798: 1067 révolutionnaires, sous les ordres du général Humbert, débarquèrent dans la baie de Killala. Au fur et à mesure qu'ils pénètrent à l'intérieur du pays, ils sont rejoints par de très nombreux paysans qui n'ont souvent comme arme que leur enthousiasme. Humbert et sa troupe remportent une première victoire significative sur le général anglais Lake.&lt;br /&gt;Après une  seconde, puis une troisième victoire à Carrignagat (au sud de Sligo), ils sont défaits à Ballinamuck, près de Longford. Les Français sont faits prisonniers, alors que les Irlandais sont pendus pour cause de trahison.&lt;br /&gt;Ces événements de la Rébellion de 1798 («Année des Français») ont fait l'objet d'un film tourné à Killala en 1981, d'après le roman de Thomas Flanagan. &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Gaeltacht&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;C'est le nom donné aux régions d'Irlande où la langue irlandaise et la culture celte sont sauvegardées. Ces régions sont situées surtout sur la côte ouest de l'île, notamment dans le Connemara.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Guinness&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_file0095.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;C'est, bien entendu, la reine des pubs irlandais.&lt;br /&gt;En 1759, Arthur Guinness, âgé de 34 ans, reprend une petite brasserie désaffectée à Dublin (St-James'Gate). Il la loue en prenant un bail de 9 000 années, avec un loyer annuel de £45. Il semblerait que ce soit en faisant griller de l'orge par mégarde qu'il a donné à sa bière sa couleur et sa saveur si particulières.&lt;br /&gt;En 1821, la société développe la première «Extra Superior Porter» qui demande un brassage plus fort, avec une quantité de houblon plus élevée. En 1840, cette bière (maintenant connue comme la pinte normale de Guinness) représente 82 % de la production de la brasserie.&lt;br /&gt;196: lancement de la «Guinness Draught» à la pression.&lt;br /&gt;La Guinness est fabriquée à base d'orge, de houblon, d'eau et de levure. Son étiquette porte une harpe qui est, avec le trèfle, le symbole de l'Irlande. Lorsqu'on la déguste, la bière laisse sur le verre un anneau de mousse, témoin de la dernière lampée. Tout consommateur qui se respecte doit ainsi laisser neuf cercles sur le verre, pas un de plus, pas un de moins.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Hurling&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_images.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;Sans doute le sport le plus typique en Irlande. Il se joue avec une crosse (&lt;em&gt;hurl&lt;/em&gt;) en bois de frêne, incurvée à son extrémité, et avec une balle en cuir bourrée de crin. La crosse est utilisée soit pour envoyer la balle en l'air ou au ras du sol, soit pour jongler avec elle et la transporter.&lt;br /&gt;Deux équipes de quinze joueurs s'affrontent durant deux mi-temps d'une demi-heure, sur un terrain mesurant 137 m x 82 m.&lt;br /&gt;Le jeu consiste à envoyer la balle dans le but adverse qui ressemble grosso modo aux poteaux de rugby. Si la balle passe au-dessus de la barre transversale, le but vaut un point. Si elle passe en dessous, elle rapporte trois points. Les arrêts peuvent être effectués au pied ou à la main.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Irish coffee&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_main_image.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;Ingrédients pour un verre: 125 ml de café fort, 70 ml de crème fraîche liquide assez épaisse ou crème fleurette fouettée, 35 ml de whiskey (whisky irlandais of course!), 2 cuillerées à café de sucre roux, de la cannelle moulue, de la muscade râpée ou de la poudre de cacao amer.&lt;br /&gt;Recette: prendre un verre résistant à la chaleur et d'une contenance d'environ 230 ml. Le réchauffer en y versant de l'eau frémissante. Attendre que le verre soit bien chaud et le vider (ce qui ne signifie pas pour l'instant boire son contenu!). Verser le sucre, puis le café chaud. Bien remuer. Verser ensuite le whiskey et la crème en la faisant glisser sur le dos d'une cuillère pour qu'elle ne se mélange pas au café. Saupoudrer de l'une des épices au choix et... déguster!&lt;br /&gt;(recette extraite de &lt;a href=&quot;http://www.ouestirlande.com/Irlande/cuisine.htm&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;www.ouestirlande.com/Irlande/cuisine.htm&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Littérature&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_voyages_gulliver.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; /&gt;L'Irlande peut s'honorer de posséder, dans son patrimoine littéraire en langue anglaise, trois Prix Nobel de littérature: William Butler Yeats (1865-1939), George Bernard Shaw (1856-1950) et Samuel Beckett (1906-1989). Sans avoir eu droit aux mêmes honneurs, James Joyce (1882-1941) reste l'un des meilleurs interprètes de l'âme irlandaise. Son roman &lt;em&gt;Ulysse&lt;/em&gt;, publié en 1922, met en scène Leopold Bloom qui, en un seul jour, parcourt le vaste univers de Dublin avec sa mer, ses plages, ses écoles, ses maisons, ses pubs, ses églises, ses bordels, ses cimetières, ses bibliothèques, ses journaux, ses hôpitaux et tous ses habitants.&lt;br /&gt;Mentionnons également Jonathan Swift (1667-1745), auteur des &lt;em&gt;Voyages de Lemuel Gulliver&lt;/em&gt;, Thomas Moore (1779-1852) et ses &lt;em&gt;Mélodies irlandaises&lt;/em&gt; ainsi que John Millington Synge (1871-1909) dont &lt;em&gt;Le Baladin du monde occidental &lt;/em&gt;exprime avec liberté et naturel la vision qu'a l'auteur de la vie irlandaise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Musique&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_copie_de_file0096.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;La musique irlandaise est l'une des plus riches d'Europe. Transmise exclusivement de manière orale pendant des siècles, elle se présente sous deux registres: un art vocal monodique, en langue gaélique, aujourd'hui en voie de disparition, et un abondant répertoire de danses et de chansons traditionnelles, enrichi de fréquents apports extérieurs.&lt;br /&gt;Le plus souvent sous forme d'un dialogue entre l'interprète et son public, cette musique traditionnelle peut être entendue partout (dans les pubs notamment) et en toute circonstance. Prenant le contre-pied de la culture anglaise imposée depuis le VIIe siècle, elle symbolise l'identité irlandaise. «Musique de danse et de joie», elle a eu aussi autrefois pour fonction de distraire la population déchirée par les vagues d'émigration et la cruelle pauvreté du pays.&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_harpe.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;Les instruments traditionnels sont la cornemuse (&lt;em&gt;uillean pipe&lt;/em&gt;), le petit violon (&lt;em&gt;fiddle&lt;/em&gt;), la flûte à bec en métal (&lt;em&gt;tin whistle&lt;/em&gt;), la harpe, le tambourin en peau de chèvre frappé avec un morceau de bois (&lt;em&gt;bohhran&lt;/em&gt;). Sont venus s'y ajouter des instruments &quot;étrangers&quot;: la guitare, l'accordéon et le bouzouki.&lt;br /&gt;Les années 1960-1970 ont consacré les groupes néo-traditionnels comme les Dubliners, les Chieftains, De Dannan, The Bothy Band, Planxty et le chanteur-compositeur Van Morrison du mouvement Celtic Soul.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_file0100.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;strong&gt;Patrick (saint)&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Né en Grande-Bretagne v. 389. Capturé par des pirates, il passe six années d'esclavage en Irlande. Il s'en échappe pour gagner la Gaule où il achève sa formation (monastères de Lérins, Tours et Auxerre). Il repart en 432 en Irlande pour évangéliser ce pays. Patron de l'Irlande, il est fêté le dernier dimanche de juillet (dimanche des Couronnes) par un pèlerinage à la montagne sainte du Croagh Patrick (765 m), dans le Connemara. La légende veut que le saint y soit resté quarante jours en prière pour que l'Irlande n'abjure jamais sa foi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Pub&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;C'est un lieu incontournable, un peu comme une seconde famille. Il est le sanctuaire de l'âme irlandaise, un «lieu de culte patenté» selon l'expression de l'écrivain Flann O'Brien. On y boit (ah! la Guinness!), on y mange parfois, on y écoute de la musique. On peut s'y rendre seul ou à plusieurs. Une fois à l'intérieur, on est immanquablement pris par l'atmosphère détendue qui favorise les rencontres et les échanges. Boire, en Irlande, c'est d'abord &quot;communiquer&quot;.&lt;br /&gt;La fermeture officielle est à minuit et l'on ne vous sert plus (théoriquement) peu avant les douze coups (d'horloge!) fatidiques. Sachez toutefois qu'on vous laissera terminer en paix votre dernière (?) pinte et que personne n'aura l'outrecuidance de vous mettre dehors. De toute façon, il serait bien étonnant que vous soyez le dernier client accoudé au comptoir!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_07_1_b.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;strong&gt;Questions-réponses&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;1.Q: Est-il vrai que les Irlandais répondent toujours à une question par une autre question? R: Qui vous a dit ça?&lt;br /&gt;2.Q: Pourquoi autant d'Irlandais vivent-ils dans des maisons? R: Le climat ne permet pas de faire du camping en permanence.&lt;br /&gt;3.Q: Quel est le meilleur whiskey irlandais? R: Selon les connaisseurs, celui que l'on vous offre gratuitement.&lt;br /&gt;4.Q: Quelle est la différence entre le whisky écossais et le whiskey irlandais? R: L'orthographe.&lt;br /&gt;5.Q: Combien y a-t-il de moutons en Irlande? R: À ce jour, aucun guide n'a réussi à apporter une réponse précise: il est généralement interrompu pendant qu'il compte.&lt;br /&gt;6.Q: Quel est le salaire moyen d'un Irlandais moyen? R: Il n'y a pas d'Irlandais moyen!&lt;br /&gt;(extrait de &lt;em&gt;Rencontre irlandaise, par les Irlandais, pour les francophones&lt;/em&gt;, 1991)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Tourbe&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Ce combustible bon marché et d'extraction facile provient de la décomposition des végétaux accumulés dans les lacs et les marais millénaires. En certains endroits, il peut atteindre plus de 25 m d'épaisseur, alors qu'il s'élabore à raison de 5 cm par siècle. Traditionnellement, la tourbe est extraite à la bêche sous forme de briquettes, mais on a maintenant de plus en plus recours à des machines du genre scraper, au rendement évidemment beaucoup plus élevé.&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_file0096.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;Les tourbières couvrent 17,2 % de la surface de l'Irlande. Âgées parfois de 8 000 ans, elles gardent les traces (pollens, bois...) de toute l'histoire d'une région et intéressent à ce titre de nombreux chercheurs. On estime à 300 millions de tonnes les réserves des tourbières en Irlande.&lt;br /&gt;Cinq centrales thermiques sont alimentées par la tourbe; elles fournissent 14 % de l'électricité consommée par le pays.&lt;br /&gt;Facilement reconnaissable à son odeur âcre qui embaume la campagne et les villages irlandais, la tourbe peut également être utilisée comme engrais ou comme litière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Trèfle&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;L'un des symboles de l'Irlande.&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_trefle.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;Selon la légende, il aurait servi à saint Patrick pour expliquer le mystère de la sainte Trinité à un roi païen et ainsi le convertir.&lt;br /&gt;Il est bien sûr question ici de la feuille trilobée. Trèfle à quatre feuilles, s'abstenir!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Vivre (à l'irlandaise)&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://itinerances.blogs-de-voyage.fr/images/medium_file0099.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;«Saurai-je vivre à l'irlandaise? &lt;br /&gt;Ça vous semblera bizarre au début, mais vous vous y ferez.&lt;br /&gt;Il faudra prendre au sérieux ce qui ne sert à rien, sauf à être heureux, à oublier, à vivre.&lt;br /&gt;Il faudra remettre au lendemain, à plus tard, aux calendes (grecques), envoyer paître la presse et l'agitation, ne plus vous soucier du cours du CAC 40 et autres fariboles. Il faudra marcher lentement, boire lentement pour faire durer les histoires, dormir lentement...&lt;br /&gt;Et sans savoir pourquoi, au bout de quelques jours, vous vous mettrez à rire.»&lt;br /&gt;(extrait d'une plaquette de l'Irish Tourist Board)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Whiskey&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;L'&lt;em&gt;uisce beatha&lt;/em&gt; (prononcer: ishka baha), eau-de-vie en gaélique, aurait été inventé vers l'an 600 par des moines irlandais de retour de Terre sainte. Le mot, anglicisé, est devenu whiskey, avec le &quot;e&quot; pour le distinguer du whisky écossais ou américain.&lt;br /&gt;Cet alcool est fabriqué avec un mélange d'orge maltée et non maltée séchée dans des fours fermés pour en préserver le goût. Il fait l'objet de trois distillations et d'un vieillissement prolongé en fûts de chêne.
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